Dark Mode Light Mode

Restez informé(e) des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S’abonner », vous confirmez avoir lu et accepté notre Politique de confidentialité et nos Conditions d’utilisation.
Suivez-nous
Suivez-nous

Restez informé(e) des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S’abonner », vous confirmez avoir lu et accepté notre Politique de confidentialité et nos Conditions d’utilisation.

25 ans après, l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila et le poids d’un héritage national

vendredi 16 janvier 2026, la République Démocratique du Congo commémore le vingt-cinquième anniversaire de l’assassinat de son ancien Président, Laurent-Désiré Kabila. Un quart de siècle après les coups de feu tirés au Palais de Marbre, cet événement tragique, ses mystères persistants et l’héritage complexe de « Mzee » continuent de résonner profondément dans la vie politique et la mémoire collective congolaise.

Le jour où le Congo bascula: 16 janvier 2001, l’acte fatal

Vers 13h45, au Palais de Marbre de Kinshasa, Laurent-Désiré Kabila, alors âgé de 61 ans, travaille dans son bureau avec un conseiller économique. Un jeune garde du corps de 18 ans, Rashidi Mizele Kasereka, entra, s’approcha du président et lui tire dessus à 4 reprises avec un revolver.

La réaction immédiate 

L’aide de camp du président, le colonel Eddy Kapend (actuellement général), abat le tireur dans sa fuite. Gravement blessé, Kabila est évacué vers une clinique à Gombe, puis transféré par avion à Harare, au Zimbabwe, pour y recevoir des soins. Le gouvernement congolais n’annoncera officiellement sa mort que deux jours plus tard, le 18 janvier 2001, créant un vide et une confusion profonde dans le pays.

La théorie officielle et ses limites

La thèse officielle avance que l’assassinat serait un acte de vengeance de « kadogos » (anciens enfants-soldats). La veille du drame, Kabila avait supervisé l’exécution de 47 d’entre eux, accusés de complot.

Pour de nombreux observateurs, cette explication est trop courte. Colette Braeckman, spécialiste du Congo, résumait ainsi la situation :

« Le jour où Laurent-Désiré Kabila a dit… « je vais essayer d’œuvrer pour le bien de mon peuple », on s’est dit il y a une erreur de casting. Et bien on a recorrigé l’erreur ». L’ombre de commanditaires plus puissants plane toujours.

Laurent Désiré Kabila

    Un héritage entre nationalisme et contradictions

    Pour comprendre la portée de cette commémoration, il faut revenir sur le parcours et les idéaux de Kabila.

    Le nationaliste inclassable : Arrivé au pouvoir en mai 1997 après avoir renversé  Mobutu Sese Seko, Kabila se présentait comme un nationaliste congolais, héritier spirituel de Patrice Lumumba. Son slogan, « Ne jamais trahir le Congo », visait à utiliser les immenses ressources du pays au bénéfice de ses citoyens.

    Les contradictions du pouvoir : Son parcours fut cependant semé de paradoxes. S’il chassa Mobutu, ce fut avec le soutien crucial des armées rwandaise et ougandaise, des alliés qui deviendront rapidement des ennemis lorsqu’il tenta de les renvoyer, déclenchant la Deuxième Guerre du Congo. Ancien révolutionnaire marxiste et maquisard, son régime fut aussi marqué par l’autoritarisme et la concentration du pouvoir.

    Laurent Désiré Kabila jeune

      Les mystères non résolus et une succession mouvementée

      Vingt-cinq ans après, l’assassinat conserve de larges zones d’ombre.Un procès a condamné à mort puis à la prison à vie une vingtaine de personnes, dont Eddy Kapend, pour négligence ou complicité. En janvier 2021, le président Félix Tshisekedi a gracié 28 des condamnés.

      Cependant, pour beaucoup, les véritables commanditaires qu’ils soient des puissances étrangères, des groupes rebelles ou des rivaux internes n’ont jamais été identifiés. Un film d’investigation d’Al Jazeera a même conclu que les personnes condamnées étaient innocentes, pointant du doigt des forces rebelles soutenues par le Rwanda avec l’approbation des États-Unis.

      La succession dynastique

      Quelques heures après l’annonce officielle de la mort, le Conseil des ministres désignait Joseph Kabila, alors âgé de 29 ans, pour succéder à son père. Cette transition hâtive, perçue par certains comme une « monarchisation » de la République, fut contestée par des factions rebelles mais permit une certaine stabilisation dans l’urgence.

        Commémoration et mémoire nationale : un héros parmi d’autres

        Aujourd’hui, la manière de commémorer Kabila évolue et suscite le débat.

        Une mémoire officielle : Laurent-Désiré Kabila est officiellement reconnu comme « héros national » aux côtés de Patrice Lumumba. Chaque année, des Congolais se rendent sur les lieux de mémoire : le Palais de Marbre, son mausolée à Gombe, et l’échangeur de Limete.

        Une commémoration regroupée ?

        Récemment, une proposition visant à regrouper la commémoration de tous les héros nationaux en une seule date a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Si certains y voient une rationalisation administrative, d’autres s’y opposent fermement, estimant que « l’histoire d’une nation ne se mélange pas par ordonnance » et que chaque figure historique mérite un hommage distinct.

          L’héritage 25 ans après : quel message pour le Congo d’aujourd’hui ?

          Un quart de siècle après sa mort, l’héritage de Laurent-Désiré Kabila est à la fois palpable et disputé. Le symbole du nationalisme ; Pour ses partisans, il reste le symbole de la résistance à l’ingérence étrangère et du désir de souveraineté économique. Son nationalisme inspire encore une partie de la classe politique.

          De l’autre côté, un avertissement historique : Pour d’autres, son destin tragique est un avertissement sur le coût de ce nationalisme dans un contexte géopolitique hostile. Justine Mpoyo Kasa-Vubu, ancienne ambassadrice, soulignait que son héritage « c’est plutôt la confirmation que nous, Congolais, peut-être même nous, Africains, ne sommes pas encore en mesure d’assumer un certain nationalisme sans être exécuté ».

          Une coïncidence troublante : Beaucoup notent la coïncidence des dates : Lumumba assassiné le 17 janvier 1961, Kabila le 16 janvier 2001. Deux grands leaders nationalistes congolais morts à 40 ans d’intervalle, presque jour pour jour, une synchronicité qui « laisse songeur » et alimente les réflexions sur le destin contrarié du Congo.

            En ce jour de commémoration, alors que des Congolais se recueillent une nouvelle fois, la figure de Laurent-Désiré Kabila demeure bien plus qu’un souvenir historique. Elle est un miroir des luttes, des contradictions, des espoirs et des traumatismes d’une nation qui continue, 25 ans plus tard, à chercher sa voie vers la paix, la souveraineté et la justice. Son assassinat n’est pas qu’un fait du passé ; c’est une clé, encore partielle, pour comprendre les défis complexes du présent.

            Pop KIDIMBU


            En savoir plus sur Talents2kin

            Subscribe to get the latest posts sent to your email.

            Restez informé(e) des actualités les plus importantes

            En cliquant sur le bouton « S’abonner », vous confirmez avoir lu et accepté notre Politique de confidentialité et nos Conditions d’utilisation.
            Previous Post
            Gaz mawete

            Gaz Mawete au Festival Couleur Café 2026 en Belgique !

            Next Post

            Arthur Masuaku blessé : 4 à 6 semaines d'absence suite à une entorse à la cheville

            Advertisement

            En savoir plus sur Talents2kin

            Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

            Poursuivre la lecture