À l’occasion de la 61ᵉ Biennale de Venise, la République démocratique du Congo a consacré une conférence scientifique internationale aux enjeux de sauvegarde, de transmission et de restitution de son patrimoine. La ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, y a défendu le patrimoine comme un véritable outil de diplomatie culturelle.
« Le patrimoine est une langue que parlent les nations »
Organisée le 24 septembre 2026 à Venise, en marge de la participation congolaise à la Biennale, la rencontre avait pour thème : « La contribution de la République Démocratique du Congo à la sauvegarde du patrimoine mondial : transmission, restitution et innovation ».
Chercheurs, artistes, partenaires institutionnels et membres de la diaspora congolaise en Italie ont participé aux échanges, aux côtés de l’Ambassade de la RDC en Italie.
Dans sa keynote intitulée « Le patrimoine comme langage diplomatique. Politiques publiques congolaises et coopération internationale », Yolande Elebe Ma Ndembo a insisté sur la capacité du patrimoine à rapprocher les peuples.
« Le patrimoine permet à des peuples et à des institutions d’entrer en relation par leurs histoires, leurs créations et leurs savoirs. Il est, à ce titre, une langue que parlent les nations. »
Rumba, tissus kuba et restitution des œuvres
La ministre a également présenté plusieurs dispositifs mis en place par la RDC pour protéger et transmettre son patrimoine, notamment la Politique Culturelle Nationale adoptée en mai 2025, le statut de l’artiste ainsi que les commissions consacrées à la protection des motifs et tissus kuba et au rapatriement des biens culturels, archives et restes humains.
Trois sujets majeurs ont ensuite animé les discussions.
Théodore Nganzi, directeur de cabinet adjoint du ministère et expert en propriété intellectuelle, s’est penché sur la protection et la valorisation des motifs et tissus kuba.
Le Dr Yvon Ngombe, avocat au barreau de Paris et expert en valorisation de la rumba, a abordé les enjeux liés à la sauvegarde et à la transmission de la rumba congolaise.
De son côté, Patrick Mudekereza, directeur du Centre d’art Waza de Lubumbashi et chercheur sur les questions de restitution, a présenté une approche participative du retour des biens culturels en RDC.
Des œuvres offertes à la RDC
La conférence a également été marquée par un geste symbolique. La ministre a officiellement remercié Giordano Garuti pour le don à la RDC d’œuvres provenant de sa collection privée.
Cette initiative ouvre notamment la réflexion sur la manière de documenter, accueillir, conserver et transmettre les œuvres issues de collections privées qui reviennent dans le patrimoine congolais.
Faire du patrimoine un outil de rayonnement
En associant réflexion scientifique et présence artistique congolaise à Venise, le ministère souhaite dépasser la simple exposition culturelle.
L’objectif affiché est de faire du patrimoine congolais un espace de dialogue entre artistes, chercheurs, communautés et partenaires internationaux, tout en renforçant sa protection et sa transmission aux générations futures.
À travers cette présence à Venise, la RDC entend ainsi mettre en avant non seulement la richesse de sa création contemporaine, mais également les enjeux liés à la mémoire, la restitution et la valorisation internationale de son patrimoine culturel.
