Kalev Mutond, ancien administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR) et proche collaborateur de l’ex-président Joseph Kabila, est décédé à Paris, les circonstances de sa mort n’ont pas encore été officiellement précisés.
Une figure centrale du régime Kabila
Kalev Mutond a dirigé l’ANR entre 2011 et 2019, période durant laquelle il s’est imposé comme l’un des hommes les plus influents de l’appareil sécuritaire congolais. Professionnel formé au sein des services de renseignement, il avait gravi progressivement les échelons avant d’être nommé à la tête de l’agence.
Proche de Joseph Kabila, il était considéré comme l’un des principaux relais de l’ancien chef de l’État dans les dossiers liés à la sécurité nationale et à la surveillance de l’activité politique. Son parcours avait également été décrit comme celui d’un responsable discret, fidèle et particulièrement puissant au sein de l’appareil d’État.
Un parcours marqué par les controverses
L’ancien patron de l’ANR demeurait toutefois une personnalité controversée. Plusieurs anciens détenus et acteurs de l’opposition l’avaient accusé d’arrestations arbitraires, de tortures, de traitements inhumains et de menaces de mort commis durant son passage à la tête des services de renseignements.
En 2021, une dizaine de plaintes avaient été recensées contre lui. Convoqué par le parquet général près la cour d’appel de Kinshasa-Gombe, Kalev Mutond avait refusé de comparaître, contestant la procédure et dénonçant ce qu’il qualifiait d’acharnement judiciaire. Ses avocats avaient, de leur côté, rejeté les accusations portées contre leur client.
Ces accusations n’ont pas donné lieu, dans les sources consultées, à une condamnation définitive de Kalev Mutond. Elles doivent donc être présentées comme des allégations formulées par des plaignants et non comme des faits judiciairement établis.
Le décès de Kalev Mutond à Paris intervient alors que son nom reste associé à une période sensible de l’histoire politique récente de la République démocratique du Congo. Pour ses détracteurs, sa disparition représente la fin d’un parcours marqué par les abus présumés des services de sécurité. Pour ses proches et ses défenseurs, elle pourrait raviver les accusations d’instrumentalisation politique dont il se disait victime.
Cette disparition risque également de relancer les interrogations sur le sort des procédures engagées contre lui et sur le droit des victimes présumées à obtenir vérité, justice et réparation. Les autorités congolaises n’ont pas encore communiqué officiellement sur les circonstances du décès ni sur les éventuelles suites judiciaires du dossier.
Une figure de l’histoire sécuritaire congolaise
Au-delà des controverses, Kalev Mutond restera comme l’une des figures les plus marquantes de l’appareil sécuritaire congolais sous la présidence de Joseph Kabila. Son passage à la tête de l’ANR aura été marqué à la fois par l’influence considérable qu’il exerçait dans les cercles du pouvoir et par les critiques liées au fonctionnement des services de renseignements.