Dans une récente interview accordée à la BBC, la star congolaise Fally Ipupa revient sur le tournant artistique que fut son titre planétaire « Sweet Life », estimant avoir apporté sa pierre à l’évolution de la rumba et appelant ses pairs à oser davantage.
Un titre qui a divisé… avant de conquérir
Fally Ipupa rappelle que, lors de la sortie de « Sweet Life », beaucoup de défenseurs de la rumba traditionnelle l’ont interpellé : « Quoi ? C’est quoi ce genre de chanson que tu nous sors là ? », car ce n’était « ni de la rumba ni du hip-hop, juste de la bonne musique »
Malgré ces critiques initiales, le titre a rapidement conquis un large public : « Au bout de trois mois, les gens sont devenus fous de cette chanson. Ils s’exclament : “Waouh !” », raconte-t-il.
« Prendre des risques » comme devoir d’artiste
Pour Fally Ipupa, cette expérience confirme une conviction, les musiciens sont censés prendre des risques. Il y voit une condition pour faire évoluer la rumba congolaise, qu’il contribue à diffuser internationalement, tout en restant ancré dans son héritage.
Dans d’autres interviews, il avait déjà insisté sur cette idée : « Comme un artiste on doit prendre des risques et des initiatives et des challenges, c’est important », expliquant qu’après avoir fait le tour de l’Afrique, il fallait « se renouveler ».
Une rumba qui s’ouvre sans se renier
Cependant, Fally Ipupa reconnaît que la rumba des années 1960 (Tabu Ley, Wendo, Franco, etc.) reste le socle de la musique populaire congolaise, mais constate qu’« aujourd’hui, tout le monde fait un peu de tout »
Son parcours illustre cette tension créative : ouvrir la rumba à d’autres influences (R&B, pop, etc.) tout en continuant à la promouvoir sur la scène mondiale, au point d’être décoré par la RDC pour sa contribution à la « promotion de la rumba congolaise » et à la diffusion de la culture congolaise.