Dans la nuit pluvieuse de Rabat, le Stade Prince Moulay Abdellah a vibré pendant plus de trois heures d’un suspense insoutenable, avant de voir les lions de la Teranga soulever leur deuxième Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Mais ce sacre, arraché 1-0 en prolongation face au Maroc, restera dans les annales pour les scènes de chaos et les rebondissements dignes d’un thriller.
Le Cauchemar de la 90ᵉ Minute : but annulé, penalty, et grève
La finale bascule dans le surréalisme en toute fin du temps réglementaire, sur un score vierge de 0-0.
Sur un corner sénégalais, Ismaïla Sarr catapulte le ballon au fond des filets marocains. La liesse est de courte durée. L’arbitre central, Jean-Jacques Ndala, annule le but pour une faute de Abdoulaye Seck sur Achraf Hakimi. Les joueurs sénégalais, stupéfaits, protestent vigoureusement.
Quelques instants plus tard, sur un autre corner, Brahim Diaz (Maroc) chute dans la surface après un contact avec El Hadji Malick Diouf. Après une longue consultation du VAR, M. Ndala siffle penalty pour le Maroc. La décision, perçue comme sévère, est une étincelle.
Fou de rage, le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw ordonne à ses joueurs de quitter le terrain en signe de protestation. C’est un mouvement extrêmement rare au plus haut niveau. La quasi-totalité de l’équipe rejoint les vestiaires, laissant les Marocains médusés sur la pelouse.
Mané, le Capitaine qui a Sauvé la finale
Alors que le scandale menace d’arrêter la finale, un homme refuse ce scénario : Sadio Mané.
Le capitaine sénégalais est l’un des seuls à rester sur le terrain, avant de courir vers les vestiaires pour convaincre ses coéquipiers de revenir. « Venez comme des hommes », lance-t-il à ses partenaires selon des témoignages. Son intervention est décisive. Les lions de la Teranga regagnent la pelouse après une interruption de près de 20 minutes.
La panenka de toutes les polémiques : erreur ou acte m manqué ?
Le retour des joueurs ne calme pas les tensions. Edouard Mendy, le gardien sénégalais, reçoit un carton jaune pour avoir dégradé le point de penalty. Brahim Diaz se présente face à lui, avec la balle du titre entre les pieds à la 90ᵉ+24 minute.
Dans un silence de cathédrale, l’ailier du Real Madrid choisit la panenka, une tentative audacieuse consistant à lober le gardien d’une pichenette. Le geste tourne au fiasco. La balle, molle et à hauteur de poitrine, atterrit directement dans les bras d’un Mendy qui n’avait même pas besoin de plonger.
Sur les réseaux sociaux et dans les discussions, une question fuse : ce raté était-il intentionnel ? L’hypothèse, bien que très spéculative, circule : Diaz, submergé par la tension ou troublé par la violence du contexte, aurait-il saboté son tir pour désamorcer une situation explosive ? Les images le montrant en larmes sur le banc après sa sortie peu après alimentent toutes les interprétations.
La délivrance par Gueye et la confirmation d’une Dynastie
Épuisés nerveusement, les deux équipes doivent encore jouer les prolongations. Le Sénégal montre une force mentale supérieure.
À la 94ᵉ minute, Pape Gueye récupère le ballon, s’extirpe de la pression d’Achraf Hakimi et, d’une frappe puissante du gauche depuis l’extérieur de la surface, envoie un missile dans la lucarne opposée de Yassine Bounou. 1-0.
Le Maroc, diminué par l’émotion, se rue à l’assaut mais bute sur une défense sénégalaise héroïque et sur sa propre malchance (une tête d’Aguerd heurte la barre à la 108ᵉ). Le coup de sifflet final déclenche un déluge de larmes sur les visages marocains, tandis que les Sénégalais célèbrent un titre arraché dans l’adversité.
Le bilan : Un sacre dans la tempête
Pour le Sénégal : Un deuxième titre continental (après 2022), confirmant son statut de puissance majeure du football africain. Un triomphe acquis à l’extérieur, contre le pays organisateur et grand favori.
Pour le Maroc : Une déception cruelle à domicile, dans un stade qui rêvait de fêter un premier titre depuis 1976.
Pour la CAN et le football : Une finale inoubliable pour son dramatisme, mais qui pose de graves questions sur la gestion du stress arbitral et les limites de la protestation sur le terrain. L’image d’un contraste saisissant : d’un côté, le geste fair-play présumé de Diaz ; de l’autre, une grève qui a frôlé le point de non-retour.
Par ailleurs, cette finale ne sera pas celle du football champagne, mais celle du caractère. Le Sénégal a montré le sien, en surmontant une injustice ressentie. Le Maroc a sombré sous le poids d’une pression devenue insoutenable. Et le monde du football retiendra longtemps cette nuit où, à Rabat, le trophée a été conquis sur le terrain, mais où l’honneur du sport a vacillé, sauvé in extremis par le sang-froid d’un capitaine et le geste mystérieux d’un joueur en larmes.P
Pop KIDIMBU
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