Kinshasa, l’une des plus grandes métropoles d’Afrique, s’enfonce inexorablement dans l’asphyxie. Jour après jour, ses artères principales et ses quartiers périphériques sont paralysés par des embouteillages monstres, transformant chaque déplacement en un calvaire imprévisible.
Des tronçons qui devraient se parcourir en vingt à trente minutes engloutissent désormais quatre à cinq heures de la vie des usagers, rognant sur le temps de travail, familial et de repos. Cette congestion généralisée, devenue la norme, signe l’échec cuisant de la planification urbaine et sonne le glas d’une ville qui se rêvait moderne, désormais rendue quasiment incirculable et de plus en plus invivable pour ses millions d’habitants.
Face à cette hémorragie du temps et de l’économie, la réponse des autorités provinciales, chargées de la gestion urbaine, est d’un silence assourdissant ou se limite à des mesures cosmétiques et inefficaces. Aucun plan d’envergure, aucune vision de mobilité durable n’émerge pour désengorger la capitale. Ce vide politique alimente les interrogations les plus amères au sein de la population : assiste-t-on à une forme de sabotage organisé, ou simplement à l’expression d’une incompétence notoire, orchestrée depuis le sommet de la ville ? Comment une capitale, dirigée par des hommes supposés normaux, peut-elle accepter et perpétuer un tel supplice collectif sans proposer de solution viable ?
Pendant ce temps, l’énergie et les ressources des services de l’État semblent canalisées vers les seules activités génératrices de revenus immédiats, au mépris total de l’intérêt général. L’achat et le contrôle des permis de conduire, ou les opérations de contrôle technique, sont menés avec un zèle lucratif, créant des rentes confortables pour certains. Mais l’élément primordial, la fluidité de la circulation et la qualité de vie des Kinois semble les laisser indifférents. Tant que cette priorité sera inversée, Kinshasa continuera de s’enliser, victime d’une gouvernance qui préfère traire la misère plutôt que de la résoudre, condamnant sa population à un enfer quotidien dont il n’est pas près de sortir.
Pop KIDIMBU
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