Qualifiée de « Congolaise perdue » par ses pairs en Côte d’Ivoire, la chanteuse JOSEY révèle, au micro des Légendes Urbaines, l’influence profonde et structurante de la rumba congolaise sur son art. Un hommage vibrant qui transcende les frontières et raconte une filiation musicale inattendue.
Dans le paysage musical ivoirien, riche et diversifié, JOSEY occupe une place singulière. Son flow, ses mélodies et son écriture portent une empreinte distinctive qui a souvent intrigué. Aujourd’hui, l’artiste lève le voile sur cette singularité : elle est l’héritière d’un amour profond pour la rumba congolaise, au point d’être surnommée avec affection la « Congolaise perdue » par son entourage professionnel en Côte d’Ivoire.
« Il faut envier ce peuple. J’ai l’impression que Dieu leur a tout donné », confie-t-elle avec une admiration palpable lors d’un entretien pour le podcast Les Légendes Urbaines.
Cette déclaration, bien plus qu’un simple compliment, résume un rapport presque filial à la culture congolaise. Pour JOSEY, la richesse musicale du Congo est un don inestimable qui a irrigué son propre talent.
L’influence structurante d’un patrimoine rythmique
Cette influence ne se limite pas à une vague inspiration. Selon la chanteuse, elle se ressent « jusque dans son écriture ». La rumba, avec ses guitares élégantes, ses grooves enveloppants et ses structures narratives propres, a façonné sa manière de concevoir une chanson. On devine dans ses compositions la fluidité des mélodies, l’importance accordée à la danse et à la séduction du rythme, ainsi qu’un certain lyrisme dans les textes autant de caractéristiques emblématiques de la grande école congolaise de Franco, Tabu Ley Rochereau ou Papa Wemba.
Ce phénomène illustre parfaitement la puissance transnationale de la rumba, véritable lingua franca musicale en Afrique subsaharienne et au-delà. Née d’un métissage à Cuba avant de revenir triomphalement sur le continent, elle a trouvé au Congo son foyer de rayonnement le plus fécond. Qu’une artiste ivoirienne de la nouvelle génération en revendique l’héritage direct témoigne de sa pérennité et de son universalité.
Une « congolaise perdue » au cœur du Coupé-Décalé
Le surnom de « Congolaise perdue » est révélateur. Il montre comment JOSEY a su intégrer cette sensibilité étrangère à son identité ivoirienne, créant un syncrétisme unique. Dans un environnement musical fortement marqué par le coupé-décalé et l’afrobeats, sa touche rumba apporte une couleur nostalgique, romantique et profondément groove. Elle ne copie pas ; elle assimile et réinvente, insufflant la douceur congolaise dans le son urbain ivoirien.
Un hommage et une reconnaissance
À travers ses confidences, JOSEY rend un hommage appuyé à la création congolaise. Son admiration va au-delà de la musique ; elle semble englober une certaine joie de vivre, une élégance et une sophistication artistique qu’elle perçoit comme un don divin. C’est aussi une manière de reconnaître que les grands courants musicaux en Afrique sont interconnectés, et qu’un artiste complet puise sans complexe aux sources qui le touchent, quelles que soient leurs origines géographiques.
L’histoire de JOSEY est celle d’une transmission réussie. Elle incarne la jeune Afrique musicale, consciente de ses racines multiples et ouverte aux influences continentales. En se déclarant « Congolaise perdue », elle ne renie rien de son ivoirité. Au contraire, elle l’enrichit et démontre que la rumba, ce patrimoine inestimable, continue de voyager, d’inspirer et de produire des fruits inattendus. Son parcimusique à suivre est une promesse : celle d’une fusion toujours plus subtile entre l’énergie d’Abidjan et les rythmes intemporels de Kinshasa.
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