La sortie du documentaire Netflix Ninho : Le prix à payer a fait éclater au grand jour le conflit entre le rappeur et son ancien label, Mal Luné Music. Ninho y dénonce un contrat jugé déséquilibré et des revenus de tournées qu’il estime avoir été en grande partie captés par ses anciens producteurs ; le label réplique en dénonçant des accusations « diffamatoires » et en publiant des éléments de contrat et de comptabilité pour défendre sa gestion.
Un documentaire qui déclenche la polémique
Disponible depuis le 4 novembre 2026, Ninho : Le prix à payer, revient sur 10 années de carrière du rappeur, ses sacrifices, les pressions du milieu et ses interrogations sur la suite de sa trajectoire. Le film, dont Ninho est coproducteur, accorde une place centrale aux litiges financiers qui ont marqué ses débuts.
Dans le documentaire, Ninho affirme que la tournée de son album Destin, composée de plus de 70 dates à guichets fermés, aurait généré environ 4 à 5 millions d’euros, dont il estime n’avoir perçu que 400 000 euros. Il présente ce décalage comme le symptôme d’un contrat signé très jeune, lui laissant notamment 10% de recettes « sur toute sa vie »
Les accusations de Ninho
Le rappeur explique avoir découvert, après la tournée, que la majeure partie des recettes serait repartie vers la société de production. Selon son récit, un examen des contrats et des décomptes de redevances aurait ensuite permis de récupérer près de 500 000 euros d’impayés après une mise en demeure de son avocate.
Son équipe soutient également que ses premiers albums restent la propriété des producteurs, et que Ninho aurait dû livrer Jefe, sorti en 2021, pour pouvoir quitter Mal Luné Music. Le documentaire présente donc une rupture contractuelle longue et coûteuse, survenue avant son arrivée chez Warner en 2021.
Mal Luné Music contre-attaque
Face à ces déclarations, Mal Luné Music a publié un communiqué dans lequel ses dirigeants qualifient les propos tenus dans le documentaire de « mensongers » et de « diffamatoires ». Le label estime que ces accusations portent atteinte à son honneur et à sa considération, et signale avoir été confronté à des messages insultants, du harcèlement et des menaces depuis la diffusion du film.
Pour se défendre, Mal Luné Music a publié des extraits de contrats et des éléments comptables destinés, selon lui, à contredire la version de Ninho. Le label conteste ainsi l’idée d’un détournement massif de recettes et cherche à démontrer que les versements effectués à l’artiste correspondaient aux engagements contractuels.
Ce que l’on sait et ce qui reste à établir
Recettes de la tournée Destin : selon Ninho, la tournée aurait généré environ 4 à 5 millions d’euros, dont il estime n’avoir perçu que 400 000 euros. Mal Luné Music conteste les propos tenus dans le documentaire, qu’il qualifie de mensongers et diffamatoires.
Contrat initial : Ninho dénonce un contrat déséquilibré, qui lui aurait laissé 10% des recettes sur toute sa vie. Mal Luné Music publie des extraits de contrat et des éléments comptables pour défendre sa gestion.
Redevances impayées : l’équipe de Ninho affirme avoir récupéré près de 500 000 euros après une mise en demeure de son avocate. Le label conteste l’idée d’un préjudice massif et présente ses propres justificatifs.
Sortie du label : Ninho indique avoir quitté Mal Luné Music après la livraison de Jefe, sorti en 2021. Le label conteste la présentation des circonstances et des responsabilités liées à cette rupture.
Enjeu actuel : Ninho bénéficie de la visibilité du documentaire Netflix, tandis que Mal Luné Music tente de reprendre la main en publiant ses preuves. Le conflit reste donc une opposition entre deux versions, tant que les pièces complètes et une éventuelle décision de justice ne sont pas rendues publiques.
Un conflit qui dépasse Ninho
Au-delà du cas du rappeur, la polémique relance le débat sur les contrats signés par de jeunes artistes au début de leur carrière. Le documentaire met en lumière un déséquilibre fréquent dans l’industrie musicale : des producteurs ou labels détiennent les droits sur les enregistrements, tandis que l’artiste peut rester longtemps lié par des conditions financières peu favorables.
La difficulté est que les deux récits s’opposent frontalement, Ninho décrit une relation de dépendance et une rémunération insuffisante ; Mal Luné Music présente des documents qu’il estime prouver la régularité de sa gestion. Tant que les pièces complètes, les décomptes détaillés et, le cas échéant, une décision de justice ne sont pas publics, le conflit reste une guerre de versions autant qu’un dossier comptable.
Une bataille d’image en cours
Le conflit ne se limite plus à un différend contractuel, il est désormais devenu un enjeu de réputation publique. Ninho bénéficie de la visibilité exceptionnelle offerte par Netflix, tandis que Mal Luné Music tente de reprendre la main en sortant du silence et en exposant ses justificatifs.
La suite dépendra probablement de la solidité des pièces comptables produites par chaque camp, et de l’éventuelle suite judiciaire. En attendant, Le prix à payer a transformé une rupture professionnelle ancienne en l’un des sujets les plus commentés du rap français.