L’Union européenne maintient une interdiction totale de vol à l’encontre de toutes les compagnies aériennes certifiées en République Démocratique du Congo.
Sur la liste actualisée des transporteurs aériens faisant l’objet de restrictions au sein de l’UE, on dénombre pas moins de 23 entreprises congolaises, sans aucune exception. Cette mesure radicale signifie qu’aucun avion exploité par une compagnie inscrite en RDC n’est autorisé à décoller, atterrir ou survoler le territoire des États membres, isolant ainsi le pays sur le plan des liaisons aériennes directes vers l’Europe.
Une décision fondée sur des carences institutionnelles
Cette exclusion découle non pas d’accidents spécifiques, mais d’une évaluation globale de l’autorité nationale de surveillance. Bruxelles justifie cette interdiction par le fait que l’autorité congolaise de l’aviation civile (l’Autorité de l’Aviation Civile – AAC) « ne remplirait pas les normes de sécurité internationales » établies par l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI).
En d’autres termes, les instances européennes estiment que le régulateur congolais manque de rigueur, de moyens ou d’indépendance nécessaires pour certifier et contrôler efficacement ses compagnies selon les standards mondiaux. Cette situation place les transporteurs nationaux, quels que soient leurs efforts propres, sous le coup d’une présomption générale d’insécurité aux yeux de l’Europe.
Des conséquences majeures et un défi à relever
Les répercussions de cette mesure sont significatives. Elle complique les déplacements des voyageurs, force souvent à des escales intermédiaires via d’autres pays et renchérit les coûts. Sur le plan économique, elle handicape les échanges et l’attractivité du pays.
Pour sortir de cette liste noire, la RDC doit engager des réformes profondes. La voie à suivre implique un renforcement technique, administratif et financier durable de son autorité de surveillance, suivie d’un audit de conformité de l’OACI et, enfin, d’inspections in situ de la part des experts de l’UE. Le défi est institutionnel et la levée de l’interdiction dépendra de la capacité des autorités à démontrer une application stricte et transparente des normes de sécurité.
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