Alors que le gouvernement a relancé la délivrance des permis de conduire biométriques après plusieurs années de suspension, leur coût élevé devient une source de tension majeure. Les conducteurs estiment que les tarifs actuels, allant de 38,5 $ à 99 $ selon les catégories, sont inaccessibles pour beaucoup et freinent la mise en conformité.
Un coût considéré comme exorbitant sur le terrain
Lors du lancement récent des opérations de contrôle à Kinshasa, la voix des professionnels du transport s’est fait entendre. Christian Mpina, président de l’Achauk, a présenté les doléances de ses membres. Il a expliqué que « Un montant de 120 dollars est exigé pour l’achat du permis de conduire. Cette somme, combinée aux diverses démarches administratives, décourage les professionnels de ce secteur.
Cette perception d’un prix trop élevé est largement partagée. En comparant avec d’autres pays africains, le permis biométrique coûte environ 20 $ en Tanzanie et 25 $ au Kenya, ce qui rend le prix congolais, surtout pour les catégories les plus courantes (71,5 $ pour les véhicules légers), particulièrement salient.Une procédure de relance après une longue suspension
Une procédure de relance après une longue suspension
La délivrance des permis de conduire était suspendue depuis 2017. Son retour, officiellement lancé en novembre 2024, s’accompagne d’une modernisation du document. Le nouveau permis intègre une puce électronique avec des éléments de sécurité avancés (hologrammes) pour lutter contre la fraude et le clonage.
Contrôles et moratoire : un contexte tendu
Face au faible taux de détention du nouveau permis, le ministère des Transports, dirigé par le Vice-Premier Ministre Jean-Pierre Bemba, a accordé un moratoire jusqu’au 30 juin 2025 pour permettre aux conducteurs de se régulariser. Ce délai étant expiré, les opérations de contrôle ont débuté à Kinshasa, menées conjointement par la Police Nationale Congolaise (PNC) et le ministère des Transports.
C’est dans ce contexte que les chauffeurs ont saisi l’opportunité pour interpeller directement les autorités. S’ils saluent l’objectif de régularisation et de lutte contre la fraude, ils demandent une révision des procédures et des tarifs pour les rendre plus accessibles.
Une plainte qui rejoint un débat plus large
La question du prix du permis de conduire s’inscrit dans un débat plus large sur le coût de la vie et le fonctionnement des services publics en RDC. Certains observateurs dénoncent des pratiques opaques de l’administration, où le prix officiel n’est pas toujours le prix réellement payé, ainsi que le recours à des entreprises étrangères pour la fabrication des documents alors que des capacités locales existeraient.
La demande des automobilistes congolais est claire : ils souhaitent circuler en toute légalité, mais demandent que l’État tienne compte de leur réalité économique.
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