Après une brève suspension, le procès de l’ancien président Joseph Kabila a repris ce jeudi devant la Haute Cour militaire de Kinshasa, sous haute surveillance sécuritaire. Ce dossier, l’un des plus sensibles de l’histoire judiciaire congolaise, relance le débat sur la lutte contre l’impunité et les enjeux politiques qui entourent cette affaire.
Un procès aux enjeux multiples
Accusé de détournements massifs de fonds publics, d’enrichissement illicite et de gouvernance parallèle pendant ses 18 ans au pouvoir (2001-2019), Joseph Kabila fait face à des charges lourdes. Le parquet militaire évoque un réseau économique opaque, comprenant plus de 70 entreprises privées bénéficiant d’avantages fiscaux et de concessions minières controversées. Des fonds publics auraient également servi à des acquisitions immobilières à l’étranger, selon les éléments du dossier.
Aussi plusieurs accusations évoquées notamment la trahison, l’apologie du terrorisme, le complot, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et la participation à un mouvement insurrectionnel.
La défense de l’ex-chef de l’État dénonce, quant à elle, une manœuvre politique destinée à l’écarter définitivement de la scène nationale. Ses avocats contestent la légitimité de la procédure et parlent d’une « justice instrumentalisée ».
Une audience cruciale sous tension
La reprise des auditions ce jeudi doit permettre à la Cour d’examiner plusieurs demandes en suspens :
- La production de nouvelles preuves ;
- L’audition de témoins clés, dont d’anciens collaborateurs de la présidence ;
- La clarification du rôle des différents accusés dans les allégations de corruption.
Les abords du tribunal ont été bouclés par les forces de l’ordre, témoignant de la sensibilité du dossier dans un contexte politique déjà tendu.
Un procès symbolique pour la RDC
Pour le pouvoir actuel, ce procès incarne la rupture avec l’impunité et un message adressé à la classe politique. À l’inverse, les partisans de Kabila y voient une chasse aux sorcières, alimentant les divisions dans un pays encore marqué par des crises post-électorales.
L’issue de ce procès sera déterminante pour l’image de la justice congolaise, observée de près par les partenaires internationaux. Elle pourrait aussi influencer les équilibres politiques à l’approche des prochains scrutins.
À suivre…
En savoir plus sur Talents2kin
Subscribe to get the latest posts sent to your email.