Une information lourde de conséquences circule dans les couloirs de la capitale congolaise. Selon des révélations du journaliste Israël Mutombo, un vaste décaissement de 270 millions de dollars américains, destiné à compenser les pertes des entreprises pétrolières, serait au cœur d’une potentielle gigantesque diversion de fonds publics. La sonnette d’alarme est tirée : seuls 170 millions de dollars auraient été correctement alloués, laissant un trou béant de 100 millions de dollars dont la trace semble perdue.
Les faits à l’origine du séisme
L’enveloppe initiale de 270 millions de dollars avait été débloquée par le gouvernement dans le cadre d’un programme de soutien au secteur des hydrocarbures, particulièrement éprouvé par des conjonctures économiques difficiles. L’objectif affiché était clair : apurer les dettes de l’État et maintenir à flot des acteurs stratégiques de l’économie nationale.
Cependant, le travail d’investigation aurait mis en lumière un écart inexplicable. Alors que la totalité de la somme a quitté les caisses de l’État, seuls 170 millions seraient parvenus à leurs destinataires finaux. Cette disparition, si elle est avérée, représenterait l’une des plus importantes dilapidations de deniers publics révélées au grand jour ces dernières années.
Les questions brûlantes qui demeurent sans réponse
Face à une telle affirmation, deux interrogations majeures s’imposent et crient pour une réponse officielle : Où sont passés les 100 millions restants ? Le flou le plus total entoure le sort de cette manne financière. A-t-elle été détournée ? A-t-elle été « recyclée » à d’autres fins, non-autorisées ? L’opacité du circuit de décaissement est pointée du doigt.
Par ailleurs, l’opinion se demande qui devra répondre de cette éventuelle “disparition” ? La question de la responsabilité, politique et pénale, est au cœur du scandale. La gestion de ces fonds engage-t-elle la chaîne de commandement jusqu’au plus haut niveau ?
Les noms cités dans la tourmente
Le journaliste Israël Mutombo ne se contente pas de dénoncer un déficit abstrait. Il avance trois noms qui seraient, à des degrés divers, liés à ce dossier brûlant :
· Didier Budimbu : L’ancien ministre des Hydrocarbures, en poste au moment des faits présumés. Sa responsabilité dans la supervision et l’exécution de ces décaissements est directement interrogée.
· Vital Kamerhe : Ministre de l’Économie, pivot central dans la gestion des finances publiques. Son rôle dans l’autorisation et le contrôle de l’utilisation de ces fonds est inévitablement scruté.
· Nicolas Kazadi : L’ancien ministre des Finances, qui avait la garde du Trésor public. Sa signature a-t-elle apposée sur les ordres de virement ? Quel contrôle a été exercé a posteriori ?
À l’heure actuelle, aucune déclaration officielle n’est venue de la part des personnes mises en cause ou du gouvernement pour confirmer ou infirmer ces allégations. Ce silence, dans un contexte aussi explosif, est perçu par beaucoup comme assourdissant.
Faut-il une enquête parlementaire ? La balle est dans le camp des institutions
Face à la gravité des accusations et au rang des personnalités impliquées, la demande d’une enquête parlementaire indépendante gagne du terrain. Seule une commission d’enquête dotée de pouvoirs étendus pourrait, selon les observateurs et la société civile :
Retracer avec précision le circuit complet des fonds,auditer les documents de décaissement et justificatifs, convoquer et auditionner sous serment tous les acteurs concernés, sans distinction de leur rang hiérarchique, établir les responsabilités et, le cas échéant, recommander des poursuites judiciaires.
L’affaire des 100 millions de dollars manquants a toutes les caractéristiques d’une bombe à retardement politique. Si les révélations d’Israël Mutombo trouvent un début de confirmation, elles pourraient non seulement entacher durablement la crédibilité des autorités financières du pays, mais aussi réveiller le spectre des scandales qui ont émaillé le passé.
Entre opacité, soupçons de détournement et silence des principaux concernés, l’exigeance de vérité et de redevabilité n’a jamais été aussi forte. La prochaine étape appartient désormais aux institutions de la République : le Parlement et la Justice. Auront-elles le courage de saisir ce dossier épineux ? La réponse à cette question déterminera si cette affaire restera un simple « bruissement » ou deviendra le prochain grand séisme politico-financier de la RDC.
Pop KIDIMBU
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