Après des années d’arrêt, le train reliant la capitale congolaise au port de Matadi a officiellement repris du service en septembre 2025. Annoncée comme un événement majeur pour désengorger la route et relancer l’économie, cette renaissance a été célébrée avec faste. Cependant, le silence médiatique qui a suivi l’inauguration laisse planer le doute : ce train est-il un véritable cadavre ressuscité ou un projet mort-né ?
La réalité semble se situer entre les deux. Malgré les promesses, les premiers voyages se sont heurtés à des problèmes opérationnels majeurs. Des témoignages font état de pannes, comme un arrêt de quatre heures en pleine montagne par manque de carburant, de conditions de voyage dégradées et de trajets pouvant dépasser 18 heures pour un parcours prévu pour 8 heures. Ces dysfonctionnements révèlent des défis profonds de logistique et de maintenance au quotidien.
Face à ces difficultés, le train ne fait plus « parler de lui ». Ce silence s’explique en partie parce que l’événement politique de la réouverture est passé. Les autorités communiquent peu sur un service qui peine à fonctionner , préférant mettre en avant le récit de la modernisation plutôt que les réalités chaotiques du terrain. Le projet de modernisation de 956 millions de dollars avec un partenaire indien, annoncé plus tôt, semble également être dans l’impasse, laissant l’avenir de la ligne en suspens.
L’avenir de cette artère vitale pour le pays reste donc incertain. Soit les leçons de ce démarrage difficile seront tirées, conduisant à une amélioration progressive et une stabilisation du service. Soit, sans investissements durables et sans avancée sur le grand projet de réhabilitation, la ligne retombera dans un déclin graduel. Pour l’instant, le train est sorti de sa tombe, mais il n’a pas encore prouvé qu’il pouvait courir de façon fiable.
Pop KIDIMBU
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