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YouTube -Monétisation des artistes afro-francophones: Tiakola force la porte

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Dans la soirée de mardi, Tiakola a dévoilé le clip de son titre « Caméléon » et a choisi de le publier intégralement sur X, anciennement Twitter.

Dans cette vidéo, Tiakola glisse aussi plusieurs références à la musique congolaise, avec notamment des clins d’œil à Papa Wemba,Charles Mombaya et autres.

Cette décision s’inscrit dans la continuité d’un combat que l’artiste mène depuis plusieurs mois. En juin dernier, Tiakola avait déjà marqué les esprits avec son titre « Mélo Décalé », extrait de son prochain album WpointM, dans lequel il interpellait directement YouTube et les plateformes de streaming.

« Maintenant que j’ai pu attirer votre attention, j’ai un message à faire passer à YouTube et à toutes les plateformes : commencez à monétiser les clips vidéo de nos artistes afro-francophones, s’il vous plaît ! » lançait-il alors dans un interlude devenu viral .

Un combat pour l’équité économique

Cette prise de position répond à une réalité bien documentée, la monétisation des contenus sur YouTube demeure inaccessible dans la majorité des pays d’Afrique francophone subsaharienne. Sur les 55 pays du continent africain, seuls 13 sont éligibles au Programme partenaire YouTube. En Afrique francophone subsaharienne, le Sénégal fait figure d’exception .

Cette situation est d’autant plus paradoxale que YouTube domine largement la consommation musicale sur le continent. Selon Africa Music & Charts, entre 91 et 98 % de la consommation de musique se fait sur les versions gratuites des plateformes, et YouTube capte à lui seul 71 % de cette consommation en « freemium » . Les artistes les plus certifiés en Afrique francophone sont majoritairement originaires de la République démocratique du Congo (48 %) et de la Côte d’Ivoire (28 %) deux pays qui ne bénéficient pas de la monétisation .

L’impact concret de cette injustice est illustré par des cas emblématiques. Le clip « Coup de marteau » de Tam Sir, cumulant 10 millions de vues, n’a généré qu’à peine 971 euros de revenus publicitaires .

Un hommage à ses racines congolaises

Avec « Caméléon », Tiakola poursuit cette démarche engagée tout en rendant hommage à ses origines. Le clip, dévoilé dans la soirée du mardi et disponible uniquement sur X, multiplie les clins d’œil à la musique congolaise.

Cet attachement aux racines kino-congolaises de l’artiste n’est pas nouveau. Son album WpointM, dont la sortie est prévue pour le 25 septembre 2026, est présenté par son label comme un projet qui « fusionne les héritages français et africain » de l’artiste . Le premier extrait, « Savage », s’ouvrait déjà sur un sample de L’Or Mbongo, célèbre chanteuse gospel de Kinshasa .

Le choix de publier « Caméléon » exclusivement sur X constitue une nouvelle étape dans la stratégie de boycott entamée par Tiakola. En privant YouTube d’un contenu exclusif tout en utilisant sa notoriété pour sensibiliser le public, l’artiste transforme sa plateforme en outil de revendication.

Pour de nombreux observateurs de l’industrie musicale, cette mobilisation intervient à un moment charnière. En Côte d’Ivoire, le gouvernement a annoncé que la monétisation des contenus numériques figurait parmi ses priorités pour 2026, et des premières rencontres avec les plateformes ont eu lieu en février dernier . Le combat porté par Tiakola pourrait ainsi contribuer à accélérer des négociations encore timides.

Si le chemin reste long vers une équité économique pour les créateurs africains sur les plateformes internationales, la détermination de l’artiste à utiliser chaque sortie comme un levier de sensibilisation témoigne d’une conscience professionnelle qui dépasse largement le cadre de sa propre carrière.

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Écrit par pop Kidimbu

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