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Best Of The Best : les candidats chantent, Gaz Mawete fume… et la loi s’éteint

·4 min de lecture
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On croyait avoir tout vu dans les émissions de téléréalité et concours de chant. Mais cette fois, la polémique ne vient pas des candidats, ni des notes, ni des favoris. Elle vient d’un siège, d’un tube, et d’une bouffée de fumée. En plein direct, Gaz Mawete, juré du concours « Vodacom Best Of The Best », s’est affiché en train de fumer la chicha, installé comme chez lui, pendant qu’un candidat livrait sa prestation. Et la toile s’est embrasée.

Un geste anodin ? Pas en RDC.

Pour beaucoup, fumer une chicha peut sembler anodin, voire « stylé ». Sauf qu’en République Démocratique du Congo, fumer en public est formellement interdit. La Loi n° 18/035 du 13 décembre 2018 relative à la lutte contre la consommation du tabac est claire : elle prohibe strictement le tabagisme dans les lieux à usage public. Et une émission diffusée sur Vodacom, avec public, caméras et candidats, entre-t-elle dans cette catégorie ? La réponse est oui.

Mais Gaz Mawete, lui, semblait avoir oublié ce détail. Ou pire, il a choisi de l’ignorer, au nom de son statut de star. Problème, quand on est juré, on n’est pas en salon privé. On est en mission. Et la mission, c’est d’évaluer des talents, pas de faire son show personnel hors-scène.

Un manque de respect flagrant envers les candidats

Des jeunes artistes ont répété des semaines, voire des mois, pour décrocher leur ticket vers la gloire. Ils montent sur scène, le cœur battant, la voix parfois tremblante, et ils livrent tout. Et en face, un membre du jury sirote sa chicha, l’air détaché, comme si la prestation n’était qu’un bruit de fond.

Ce geste, au-delà de l’aspect illégal, est un fumant symbole de désinvolture. Il réduit le concours à une simple vitrine médiatique, où le fond prime sur la forme, et où le sérieux des candidats se heurte au laisser-aller des jurés. La question est désormais sur toutes les lèvres : est-ce que Gaz Mawete était vraiment en train d’écouter ?

Une image qui dessert le concours et la cause artistique

« Vodacom Best Of The Best » se veut un tremplin pour la nouvelle génération musicale congolaise. Mais avec une telle image, c’est tout le professionnalisme de l’émission qui est remis en cause. Ce n’est pas une question de moralité, c’est une question de cohérence.

Comment exiger des candidats discipline et rigueur quand un juré se permet de braver la loi en pleine captation ? Comment parler d’excellence artistique quand l’attitude en plateau évoque davantage une soirée entre potes qu’un jury sérieux ?

La toile ne pardonne pas

Sur les réseaux sociaux, les réactions fusent, acerbes et parfois féroces. On reproche à Gaz Mawete non seulement d’avoir enfreint la loi, mais surtout d’avoir banalisé un acte interdit en public, offrant un mauvais exemple à des milliers de jeunes téléspectateurs. Beaucoup rappellent que les artistes congolais, par leur influence, devraient être les premiers à respecter les règles, surtout quand elles touchent à la santé publique.

Certains vont plus loin, ils estiment que ce comportement traduit une forme d’impunité des stars, qui se croient tout permis. Rarement un nuage de fumée aura autant terni l’image d’un artiste adulé.

La production de l’émission réagira-t-elle ? Un rappel à l’ordre, des excuses publiques, un retrait du jury ? Les spéculations vont bon train.

Mais une chose est sûre , Gaz Mawete a offert à la toile bien plus qu’une polémique. Il a posé la question de la responsabilité des artistes dans l’espace public, et celle du respect dû aux institutions culturelles, même quand elles sont portées par une télévision.

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Écrit par Kaniama Bauer

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