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Créateurs congolais : 10 règles à connaître sur TikTok

·7 min de lecture
Créateurs congolais : 10 règles à connaître avant de publier sur TikTok
Créateurs congolais : 10 règles à connaître avant de publier sur TikTok

TikTok n’est plus seulement un endroit où l’on danse, fait des challenges ou partage des blagues. En RDC, la plateforme est devenue un véritable espace médiatique où des créateurs peuvent toucher des centaines de milliers, voire des millions de personnes.

Mais avec cette influence arrive une question que beaucoup commencent à se poser : jusqu’où peut-on aller sur TikTok en RDC sans avoir de problèmes ?

Les récentes polémiques autour des créateurs de contenu et du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) ont remis le débat au centre de l’actualité.

La Constitution congolaise garantit la liberté d’expression et le droit à l’information, notamment à travers ses articles 23 et 24. Mais elle précise également que ces libertés s’exercent dans le respect de la loi, de l’ordre public, des bonnes mœurs et des droits d’autrui. (Source : Constitution de la RDC)

Alors, plutôt que d’attendre une convocation pour commencer à chercher ce que dit la loi, Talents2Kin propose 10 réflexes à connaître lorsqu’on crée du contenu en RDC.

1. TikTok n’est pas une zone sans loi

Ton compte t’appartient, mais ce que tu y publies peut engager ta responsabilité.

Vidéo humoristique, live, commentaire, podcast, clash ou story : le fait qu’un contenu soit publié sur Internet ne le place pas en dehors du droit congolais.

La RDC dispose notamment depuis 2023 d’un Code du numérique, venu renforcer le cadre juridique applicable aux activités et infractions commises dans l’environnement numérique. (Source : Code du numérique, 2023)

Le réflexe : avant de publier quelque chose de sensible, demande-toi si tu serais capable de défendre publiquement ce que tu affirmes.

2. Tu as le droit de critiquer

C’est probablement l’un des points les plus importants.

La Constitution congolaise reconnaît à toute personne le droit à la liberté d’expression, notamment par la parole, l’écrit et l’image. (Source : Constitution de la RDC)

Un créateur peut donc exprimer une opinion, questionner une décision, critiquer une personnalité ou ouvrir un débat.

Mais critiquer n’est pas synonyme d’insulter, de menacer ou d’inventer des faits sur quelqu’un.

Un bon créateur apprend à attaquer les idées et les faits plutôt que la dignité des personnes.

3. Fais la différence entre opinion et accusation

Dire :

« Je trouve que cette décision est mauvaise »

n’a pas la même portée que :

« Cette personne a volé de l’argent ».

Dans le premier cas, tu exprimes clairement une opinion. Dans le second, tu présentes un fait précis comme étant vrai.

Plus ton accusation est grave, plus il devient important de pouvoir expliquer sur quelles preuves ou sources elle repose.

Pour les créateurs qui font de l’actualité, du commentaire ou du décryptage, cette différence est fondamentale.

4. Ne transforme pas une rumeur en information

WhatsApp est rapide. TikTok encore plus.

Une capture d’écran arrive dans un groupe, quelqu’un en fait une vidéo, trois comptes la reprennent et, quelques heures plus tard, une rumeur devient une « information » simplement parce qu’elle est partout.

Viral ne veut pas dire vrai.

Avant de publier une accusation ou une information sensible, cherche l’origine, vérifie la date, confronte plusieurs sources et précise lorsque quelque chose n’est pas confirmé.

Ta crédibilité vaut plus qu’un buzz de 24 heures.

5. Une conversation privée n’est pas automatiquement publique

Recevoir une capture WhatsApp, un vocal, une photo privée ou une conversation compromettante ne signifie pas automatiquement qu’il faut la publier.

Il faut penser à la vie privée, au contexte et aux conséquences pour les personnes concernées. Encore plus lorsque le contenu révèle des informations personnelles.

Le bon réflexe : demande-toi toujours si l’intérêt public justifie réellement l’exposition de cette information.

6. Fais particulièrement attention aux mineurs

Un enfant qui apparaît dans une vidéo virale peut garder cette trace numérique pendant des années.

Humiliation, accusation, nudité, violence ou situation familiale sensible : la recherche du buzz ne doit jamais passer avant la protection d’un mineur.

Pour un créateur, avoir l’autorisation et protéger l’identité de l’enfant lorsque la situation l’exige doivent devenir des réflexes.

7. « Crédit à l’auteur » ne signifie pas que tu peux tout reprendre

C’est une habitude très répandue sur les réseaux : récupérer une photo, une musique ou une vidéo et simplement ajouter « crédit à l’auteur ».

Mais juridiquement, ce n’est pas une autorisation universelle.

Le droit congolais reconnaît à l’auteur d’une œuvre des droits sur sa création. Il prévoit certaines exceptions, notamment pour des citations ou fragments utilisés à des fins de critique, d’information ou d’enseignement sous certaines conditions, mais le simple crédit ne supprime pas automatiquement les droits de l’auteur. (Source : Ordonnance-Loi 86-033 du 5 avril 1986)

Pour un créateur qui veut devenir professionnel, respecter le travail des autres fait aussi partie du métier.

8. Plus ton audience grandit, plus ta responsabilité grandit

Avoir 500 000 abonnés change la portée d’une phrase.

Une accusation lancée devant dix amis et la même accusation publiée devant un demi-million de personnes n’ont évidemment pas le même impact.

Les créateurs doivent progressivement comprendre qu’ils ne sont plus seulement des internautes lorsqu’ils construisent de grosses communautés : ils deviennent des prescripteurs capables d’influencer l’opinion.

Et cette influence doit venir avec davantage de rigueur.

9. Le CSAC peut-il vraiment fermer ton compte TikTok ?

C’est actuellement l’une des grandes questions.

La loi organique qui organise le CSAC définit notamment les médias en ligne comme des supports de communication relevant d’Internet et donne au régulateur une mission générale dans le secteur de la communication. (Source : Loi organique n° 11/001 du 10 janvier 2011)

Mais savoir jusqu’où ces compétences peuvent être appliquées à un créateur individuel sur une plateforme internationale comme TikTok est précisément l’objet du débat juridique actuel.

Il faut donc éviter deux raccourcis : dire que « le CSAC peut absolument tout faire sur TikTok », mais aussi affirmer que « le CSAC n’a absolument rien à voir avec Internet ».

Le cadre légal mérite d’être lu précisément selon la mesure envisagée et le statut de la personne concernée.

10. Une convocation n’est pas une condamnation

Si tu es convoqué par une institution ou une autorité judiciaire, le pire réflexe peut être de transformer immédiatement la situation en feuilleton sur TikTok.

Une convocation signifie d’abord qu’une autorité souhaite t’entendre ou te demander de répondre à une situation. Elle ne signifie pas automatiquement que tu es coupable.

Il faut connaître le motif de la convocation, conserver les contenus concernés, éviter de supprimer précipitamment des éléments importants et, lorsque l’enjeu est sérieux, se faire accompagner par un professionnel du droit.

Créer librement, mais connaître ses responsabilités

La solution n’est pas de demander aux créateurs congolais de devenir silencieux.

Au contraire.

La RDC a besoin d’une génération capable de raconter son quotidien, questionner la société, faire rire, informer, créer des tendances et construire de nouveaux modèles économiques grâce au numérique.

Mais cette génération doit aussi connaître ses droits.

La liberté d’expression protège la création et les opinions. Elle ne signifie pas l’absence totale de règles. La Constitution elle-même garantit cette liberté tout en fixant certaines limites liées notamment à la loi et aux droits d’autrui. (Source : Constitution de la RDC)

Et finalement, c’est peut-être ça le véritable enjeu : ne pas créer dans la peur du CSAC, mais créer en connaissant suffisamment ses droits pour savoir quand on franchit une ligne… et quand on est parfaitement dans son droit.

Créateurs congolais, sauvegardez ce guide : le prochain buzz peut arriver plus vite que la prochaine convocation. 😅🇨🇩

Lequel de ces 10 points vous a le plus surpris ? Dites-le en commentaire.


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Écrit par Kaniama Bauer

Une équipe de passionnés

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