Leadership, engagement citoyen et projets à impact social. La deuxième cohorte du programme « Debout Bilenge » a été officiellement lancée à Kinshasa. Objectif : transformer la jeunesse rd-congolaise en un véritable levier de développement national.
Ambiance solennelle mais résolument tournée vers l’avenir, ce samedi au centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa.

C’est dans cette enceinte symbolique que la deuxième cohorte du programme « Debout Bilenge » a été dévoilée devant la presse, les partenaires institutionnels et les acteurs de la société civile.
Au cœur de ce dispositif : 21 jeunes lauréats, sélectionnés parmi des centaines de candidatures provenant de plusieurs provinces de la République Démocratique du Congo. Tous portent des projets à fort potentiel social, économique ou communautaire. Leur point commun ? Une volonté farouche de ne plus attendre le changement, mais de le construire.

Un pont entre les générations
Pour Stéphanie Suffren, coordinatrice de la plateforme « Debout Bilenge », ce programme dépasse le simple cadre de la formation. Il s’agit d’une philosophie : celle de la transmission.
« Nous avons la responsabilité d’accompagner nos enfants et nos petits-enfants vers une société meilleure. S’occuper de la jeunesse n’est pas une option, c’est une nécessité. Nous ne pourrons rien construire sans elle, mais elle a aussi besoin des aînés. La jeunesse est au cœur du réacteur de ce pays. »
Un message qui pose les bases d’une synergie intergénérationnelle, trop souvent absente du débat public congolais.
L’agriculture, levier stratégique selon les jeunes lauréats
Parmi les visages de cette nouvelle promotion, Miriame Mawete incarne cette génération qui ose voir grand. Devant l’assemblée, elle a plaidé pour une réappropriation du potentiel agricole national, encore largement sous-exploité.

« L’agriculture est un levier essentiel pour le développement de ce pays. Si nous parvenons à transformer localement ce que nous produisons, nous valoriserons toute notre économie. L’expansion de nos denrées alimentaires permettra aussi de faire connaître l’identité de la RDC à travers le monde. »
Un plaidoyer qui résonne comme un appel à l’action, à l’heure où la diversification économique est plus qu’une ambition : une nécessité.
« Continuez, même si personne ne vous écoute encore »
Au-delà de son projet agricole, Miriame Mawete a également adressé un message vibrant à la jeunesse congolaise, souvent découragée par le manque de visibilité ou de soutien :
« Tout jeune doit être porteur d’un projet. Il n’est jamais trop tard. Même si vous n’êtes pas encore écoutés, continuez à porter votre vision. Un jour, une opportunité se présentera. »
Des paroles qui résument l’esprit de « Debout Bilenge » : croire en sa force intérieure, même en l’absence de feux de la rampe.
Après une première cohorte marquée par l’émergence de plusieurs profils influents, cette nouvelle promotion se distingue par la diversité de ses parcours et la modernité des problématiques abordées
Parmi elles, la fracture numérique et la désinformation occupent une place centrale.
« Je souhaite résoudre le problème de la fracture numérique ainsi que celui de la prolifération des fausses informations. Le monde de demain ne sera pas seulement connecté, mais digitalisé », a indiqué Princilia Mpiembe, entrepreneure sociale convaincue que la jeunesse congolaise doit se préparer à devenir un acteur majeur de la révolution numérique.

Un programme soutenu par l’Union européenne
Porté par plusieurs partenaires, dont l’Union européenne, « Debout Bilenge » ne se limite pas à un simple accompagnement moral. Il ambitionne de créer un véritable écosystème favorable à l’éclosion des talents locaux. L’objectif à long terme est clair : faire émerger une nouvelle génération de leaders citoyens capables d’impulser un changement durable en République Démocratique du Congo.

Avec cette deuxième cohorte, « Debout Bilenge » confirme qu’une autre voie est possible. Celle d’une jeunesse debout, créative et résolument porteuse d’impact. Une jeunesse qui, enfin, prend la parole pour réinventer son pays.




