EN DIRECT

« Ils ont tout créé » : Tiakola salue les pionniers de Zaïko Langa Langa

·4 min de lecture
4804cd32-c898-4455-bd23-1f9d45df79a7

Tiakola a levé le voile sur les coulisses de sa collaboration avec Zaïko Langa Langa sur « WpointM », un titre qu’il présente comme bien plus qu’un featuring, un hommage à un monument de la rumba congolaise et un passage de relais symbolique entre générations.

Pour l’artiste franco-congolais, cette rencontre avec Zaïko Langa Langa s’inscrit dans une histoire personnelle, familiale et musicale. Depuis son enfance, il baigne dans les sonorités congolaises que son père lui faisait découvrir à la maison. Une transmission qui l’a naturellement conduit à reconnaître la place fondatrice du groupe dans l’évolution de la musique moderne au Congo.

Un hommage à des pionniers

Tiakola ne cache pas l’immense admiration qu’il voue à Zaïko Langa Langa. À ses yeux, le groupe occupe une position comparable à celle des Beatles dans la pop mondiale, tant son influence sur la musique congolaise demeure profonde.

« C’est les Beatles. Ils ont créé un nouveau genre, un nouveau rythme, et on en bénéficie. J’ai pu faire cet album grâce à eux. Ils ont eu énormément d’influence sur la musicalité au Congo. Aujourd’hui, j’ai voulu rendre hommage à Zaïko. »

À travers « WpointM », l’interprète de Meuda revendique ainsi une filiation. Il rappelle que de nombreux artistes congolais, directement ou indirectement, ont été nourris par cette école musicale qui a bouleversé les codes de la rumba et ouvert la voie à de nouvelles générations de chanteurs, danseurs et musiciens.

Une mémoire transmise par la famille

Pour Tiakola, cet hommage n’a rien d’opportuniste. Il est lié à ses souvenirs d’enfance et à la place qu’occupe la musique congolaise dans son histoire familiale.

« Mon père me faisait écouter leur musique quand j’étais enfant. Après, il y a eu Papa Wemba, qui a pu travailler avec Koffi Olomide. C’est-à-dire que j’ai grandi avec Koffi, qui vient de l’école de Papa Wemba. Il y a cette transmission qui fait que tout part d’eux, en fait. »

Dans cette lecture, Zaïko Langa Langa apparaît comme l’un des socles d’une longue chaîne de transmission. De la génération des pionniers à celle de Papa Wemba, puis à Koffi Olomide et aux artistes actuels issus de la diaspora, l’héritage congolais se transforme sans jamais disparaître.

Tiakola s’inscrit précisément dans cette continuité. Son univers musical, à la croisée de l’afro, du rap, du R&B et des influences congolaises, témoigne d’une génération qui puise dans les racines pour proposer une expression plus contemporaine.

Une collaboration préparée avec respect

Approcher un groupe aussi mythique que Zaïko Langa Langa nécessitait toutefois du temps, de la patience et surtout une forme de respect du protocole. Tiakola raconte que l’idée de collaboration a demandé plusieurs étapes avant de pouvoir se concrétiser.

« La collaboration a pris un peu de temps. Comme c’est un groupe légendaire, il fallait créer un lien avec la jeunesse. Ils ont dû en parler avec leurs enfants, leurs petits-enfants, savoir qui est Tiakola. Après, une fois qu’ils ont su, tout le protocole a été géré et j’ai pu faire le son. »

Cette anecdote illustre aussi le décalage naturel entre les générations. Avant de travailler avec Tiakola, les membres de Zaïko Langa Langa ont dû comprendre son parcours, son public et la place qu’il occupe aujourd’hui dans la musique francophone.

Une fois ce lien établi, la collaboration a pris une dimension particulière : celle d’une rencontre entre une institution de la musique congolaise et un artiste de la nouvelle scène, porté par une large audience auprès des jeunes.

« WpointM », au-delà du featuring

Avec « WpointM », Tiakola ne cherche donc pas seulement à associer son nom à celui d’un groupe légendaire. Il met en scène une conversation musicale entre le passé et le présent.

Le titre rappelle que la musique congolaise ne se limite pas à un patrimoine figé : elle continue de circuler, d’influencer les artistes de la diaspora et de nourrir les nouvelles tendances africaines et urbaines. En réunissant Tiakola et Zaïko Langa Langa, « WpointM » donne corps à cette continuité.

Pour l’artiste franco-congolais, le message est clair, la nouvelle génération avance grâce à ceux qui ont ouvert la route. Et rendre hommage à Zaïko Langa Langa, c’est reconnaître que l’innovation musicale d’aujourd’hui reste profondément liée à l’héritage des pionniers.

Partager Facebook X
Écrit par pop Kidimbu

La newsletter Talents2kin

L’essentiel de la culture urbaine congolaise, chaque semaine dans votre boîte mail.

Pas de spam. Désinscription en un clic.