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Karibu Kidz : la famille congolaise de Dallas qui a transformé une chanson en hymne mondial

Karibu Kidz : la famille congolaise de Dallas qui a transformé une chanson en hymne mondial

Karibu Kidz : la famille congolaise de Dallas qui a transformé une chanson en hymne mondial Karibu Kidz : la famille congolaise de Dallas qui a transformé une chanson en hymne mondial
Karibu Kidz : la famille congolaise de Dallas qui a transformé une chanson en hymne mondial

Ils ne sont pas musiciens de métier. Ils n’ont pas de label derrière eux. Jacob est barbier. Ornella est comptable. Deborah travaille dans le support client. Et pourtant, en quelques semaines, leur chanson Tobeta Bango est devenue l’hymne que des millions de supporters du monde entier ont repris pour célébrer le retour historique des Léopards à la Coupe du Monde. Voici leur histoire.

Dallas, un salon, et une idée qui allait tout changer

Tout commence dans un salon de la région de Dallas-Fort Worth, au Texas. Ornella, Jacob et Deborah — un couple et sa belle-sœur, fondateurs de Karibu Kidz — regardent l’effervescence monter autour du match de qualification historique entre la République démocratique du Congo et la Jamaïque.

Pour une génération entière de Congolais, ce match représente bien plus qu’un résultat sportif. C’est la promesse de vivre quelque chose qu’aucun d’eux n’a jamais connu : voir les Léopards à la Coupe du Monde. La dernière fois, c’était en 1974.

« Nous voulions créer plus qu’une chanson, confie le trio. Nous voulions créer un hymne. »

En quelques jours, Tobeta Bango est écrite, composée et enregistrée par les trois. Pas de studio professionnel. Pas de budget marketing. Juste une mission : donner aux supporters congolais quelque chose à chanter.

L’explosion : du Congo à la Corée du Sud

La victoire du Congo face à la Jamaïque déclenche ce que personne n’avait vraiment anticipé. Des milliers de supporters commencent à utiliser Tobeta Bango dans leurs vidéos de célébration. Les réseaux sociaux s’emballent. Des chorégraphies émergent spontanément.

Puis viennent les vidéos de Pologne, de Roumanie, de Colombie, de Corée du Sud, d’Inde, de Tanzanie, d’Espagne. Des gens qui n’ont aucun lien direct avec le Congo, qui dansent sur une chanson en lingala créée dans un salon de Dallas.

« Le vrai tournant, c’est quand on a commencé à recevoir des commentaires de personnes non congolaises nous disant à quel point elles aiment le Congo et sa culture, raconte Ornella. C’est là qu’on a compris que quelque chose de plus grand que nous était en train de se passer. »

Aujourd’hui, Tobeta Bango cumule plusieurs millions de vues et d’écoutes sur YouTube, TikTok et Instagram, des centaines de milliers de publications générées par les fans, et une communauté de supporters venus de tous les continents.

Trois profils, une seule mission

Pour comprendre Karibu Kidz, il faut comprendre qui sont ses fondateurs.

Ornella est née à Kinshasa et vit aux États-Unis depuis 2001. Comptable dans une grande entreprise technologique, elle apporte à Karibu Kidz la rigueur et l’attention au détail qui caractérisent sa vie professionnelle.

Jacob est né en Californie de parents congolais. Il est propriétaire de Gims Barber Studio dans la région de Dallas-Fort Worth, une affaire qu’il a bâtie seul en cinq ans. La culture congolaise, dit-il, a toujours occupé une place centrale dans son identité malgré sa naissance américaine.

Deborah, sœur d’Ornella, est originaire de Kinshasa, a grandi au Canada avant de s’installer aux États-Unis en 2018. Elle travaille comme spécialiste du support client.

Ensemble, ils incarnent trois expériences différentes de la diaspora congolaise. C’est précisément cette diversité de parcours qui a forgé la vision de Karibu Kidz : créer du contenu profondément ancré dans l’âme congolaise, mais capable de toucher n’importe qui, partout dans le monde.

Karibu Kidz : combler un vide que personne d’autre ne remplissait

Avant Tobeta Bango, avant la Coupe du Monde, Karibu Kidz existait déjà. L’idée est née dans leur salon, en observant leurs quatre enfants tous âgés de moins de six ans, tous nés aux États-Unis consommer le contenu qui leur était proposé en ligne.

« Nous avons constaté qu’il existait très peu de contenus pour enfants représentant le Congo ou l’Afrique de manière positive, moderne et de qualité, explique Jacob. Nous avons immédiatement perçu un vide qui méritait d’être comblé. »

La réponse : des chansons, des animations et des vidéos éducatives qui présentent aux enfants les noms congolais, les langues, les tribus, les traditions et l’histoire du pays. Des projets comme la Bakongo Name Song ou la Tshiluba Name Song Part 2, qui figurent parmi leurs vidéos les plus regardées en dehors de Tobeta Bango, illustrent parfaitement cette mission.

En quatre mois d’existence, Karibu Kidz compte aujourd’hui 140 000 abonnés sur TikTok, 14 000 sur YouTube et 8 000 sur Instagram, avec une audience devenue véritablement mondiale — Australie, Brésil, Maroc, Dubaï, Royaume-Uni, Corée du Sud, Argentine.

Un rêve à partager publiquement

Le trio ne cache pas une ambition précise, et ils ont choisi cet article pour la formuler :

« Notre souhait le plus cher serait que Tobeta Bango devienne l’hymne officiel des Léopards. La chanson appartient déjà au peuple congolais. Ce serait un honneur immense de la voir porter officiellement les couleurs de notre équipe nationale. »

À ce jour, aucun contact officiel avec la FECOFA n’a eu lieu, même si certains joueurs de la sélection ont interagi avec la chanson sur les réseaux sociaux.

Après la Coupe du Monde, la suite

Tobeta Bango a été le détonateur, mais Karibu Kidz a toujours été construit pour durer. De nouvelles musiques, des productions animées, des projets de narration culturelle et des expériences pour familles sont déjà en préparation.

« Karibu Kidz n’est pas simplement un projet, résume le trio. C’est une mission, une vocation et un engagement à long terme. Nous voulons bâtir quelque chose qui nous survivra. »

Pour leurs quatre enfants qui grandissent à Dallas sans avoir encore mis les pieds au Congo, la mission est déjà en marche. Ils savent qu’ils sont congolais. Ils savent que leur héritage est précieux. Et ils en sont fiers.

Le reste, comme dirait Karibu Kidz, n’est que le premier chapitre.

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