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« La beauté du diable » : quand un procès vire au procès en sorcellerie

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Ce lundi, l’audience du procès de la chanteuse Rebo a pris une tournure aussi spectaculaire qu’inattendue. Me Jean-Marie Kabengela, avocat de la partie adverse, a qualifié sa cliente de « dangereuse », convoquant des références bibliques et prophétiques pour décrire ce qu’il a appelé « la beauté du diable ». Une stratégie de plaidoirie qui a aussitôt provoqué l’indignation de la défense.

« La beauté du diable, c’est l’incarnation du mal depuis la création du monde. C’est cette beauté qui aurait induit en erreur Adam dans le jardin d’Éden. »

Les mots de Me Kabengela, prononcés avec emphase devant le tribunal, semblent tout droit sortis d’un sermon plutôt que d’une argumentation juridique. Pour l’avocat, la beauté de la chanteuse ne serait pas seulement envoûtante, mais dangereuse, voire « bestiale ».

Face à ces déclarations, la réaction de Me Jean-Marie Kabengela (défenseur de l’interprète de Mobambo) fut immédiate et cinglante : « Aucune immunité de plaidoirie ne peut permettre de dire ça contre notre cliente. On peut tout tolérer, sauf ça. »

Une défense qui interroge

Au-delà de la stupéfaction qu’elles ont provoquée, ces déclarations posent des questions fondamentales sur les limites de la liberté de parole dans l’enceinte judiciaire. L’immunité de plaidoirie, qui protège les avocats dans leurs argumentations, peut-elle justifier des propos relevant davantage de l’évocation mystique que de la démonstration juridique ?

Cette affaire met en lumière un phénomène plus large : la tentation de certains acteurs judiciaires de recourir à des arguments émotionnels ou superstitieux face à des dossiers qu’ils peinent à remporter sur le seul terrain du droit.

Chanteuse et danseuse en lumière de la scène urbaine, Rebo n’est pas un personnage anodin. Ses chansons, ses clips et sa personnalité flamboyante en font une cible privilégiée dans un pays où le succès féminin est souvent suspecté de pactes occultes. Le procès en cours, dont les détails précis restent confidentiels, semble avoir offert un exutoire à des ressentiments plus profonds.

La bataille ne fait que commencer, mais une chose est sûre : jamais un procès n’aura autant mêlé Ève, le diable et la barre d’un tribunal.

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Écrit par pop Kidimbu

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