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Chronique

Majoos : « Un artiste qui ne vit pas de son art n’est pas un professionnel, c’est un passionné qui survit »

Majoos
Majoos

Dans une publication partagée sur les réseaux sociaux, l’artiste Majoos a livré un texte sans filtre sur la réalité économique des musiciens congolais. Une prise de parole frontale qui met des mots sur un malaise que beaucoup connaissent sans jamais le formuler aussi directement. Talents2kin reproduit l’intégralité de son propos.

« Le paradoxe de la musique congolaise !

Les artistes font vivre du mieux qu’ils peuvent notre industrie de fortune… mais l’industrie ne fait pas vivre les artistes.

Ils paient les studios. Ils paient les réalisateurs de clips. Ils paient les radios, les télévisions et les médias en ligne. Ils paient leurs équipes. Ils paient leur image et leur train de vie de « star ».

En revanche, ils galèrent à vendre leur musique, leurs œuvres génèrent des revenus insignifiants et les cachets qu’ils perçoivent sont très bas.

Dans la quasi-totalité des cas, leurs carrières sont financées par des mécènes via le phénomène MATOLO, et sans ces derniers, nous serions peut-être en train de commémorer aujourd’hui les 30 ans de la disparition de l’industrie musicale congolaise.

Autrement dit, la grande majorité des artistes congolais vivent de prestige et d’apparence plutôt que des fruits de leur travail. Ils donnent l’image de la réussite, alors que leur réalité économique est souvent très précaire.

C’est pour ces raisons que nous travaillons actuellement sur plusieurs propositions visant à mettre en place un système qui permettra aux artistes congolais de sortir du statut de « bénévoles » pour devenir de véritables businessmen et entrepreneurs de l’industrie culturelle.

L’objectif est d’identifier les voies et moyens susceptibles d’augmenter durablement les revenus des artistes.

Ce système pourrait reposer sur un outil technologique innovant, conçu en République démocratique du Congo, sur la promotion et la vulgarisation de nouveaux modes et comportements de consommation des œuvres artistiques, ainsi que sur la conclusion de partenariats avec l’État et les multinationales opérant sur notre territoire.

Un artiste qui ne vit pas de son art n’est pas un professionnel. C’est un passionné qui survit.

Le show-business ne consiste pas seulement à faire le show. Il consiste surtout à faire du business. »

Et vous, partagez-vous le constat de Majoos ? Dites-le en commentaire.

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Écrit par Kaniama Bauer

Une équipe de passionnés

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