Sur le plateau de Bosolo na Politik, face à Israël Mutumbo, le pasteur et chantre Moïse n’a pas usé de langage diplomatique. Interrogé sur le remariage de son « ancien » ami Mike Kalambay, il a d’abord découvert l’information en direct, preuve que la fraternité affichée n’est plus qu’un souvenir. Mais c’est la seconde question qui a tout changé : « Si Mike vous invite, irez-vous ? » La réponse est tombée, sans fard : « Non ».

Un non qui n’est pas une simple marque de rancœur personnelle, mais un refus clair de cautionner une union que les circonstances rendent théologiquement problématique.
En outre, Moïse Mbiye a compris qu’en acceptant une invitation, il deviendrait l’alibi d’une réhabilitation publique que rien ne justifie, le figurant d’une mascarade où l’on confond mariage et opération de communication.
Ce refus, aussi sec soit-il, est peut-être l’acte le plus prophétique du gospel congolais cette année. Alors que beaucoup s’empresseraient d’y aller pour sauver les apparences ou entretenir des réseaux, Moïse choisit l’absence comme acte de foi.
Il dit tout haut ce que des milliers de fidèles pensent tout bas : on ne se refait pas une virginité spirituelle par une cérémonie clinquante.
À ceux qui lui parleront de pardon entre frères, il répond par avance que le pardon n’est pas une invitation à cautionner.
Dans une Église qui a trop souvent mis le spectacle au-dessus du sacré, il reste un homme pour dire que les choix de vie ont des conséquences, et que l’amitié, même brisée, ne doit pas servir de caution à ce qui ne peut être béni.