
Kinshasa – Un nouveau rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), relayé par Africa Intelligence, révèle un détournement massif au sein de la SOCODA, la société chargée de la gestion des droits d’auteur en République démocratique du Congo.
Selon les conclusions de ce rapport, plus de 25 millions de dollars ont été perçus ces dernières années, mais seulement 35 882 dollars auraient été effectivement reversés aux artistes. Le reste des fonds se serait évaporé à travers des retraits en espèces et des virements jugés suspects, laissant planer de lourds soupçons de corruption et de mauvaise gestion.
Une gestion décriée, une direction inchangée
À la tête de la SOCODA depuis 2019, le musicien Jossart Nyoka Longo, leader du groupe Zaïko Langa Langa, est directement visé par ces accusations. Malgré les critiques répétées de nombreux artistes membres et les appels à la réforme, l’homme reste en poste.
Pour de nombreux observateurs, la SOCODA est devenue une institution déconnectée de sa mission première, servant davantage certains intérêts privés qu’elle ne protège les droits des créateurs congolais.
L’heure de la réforme a-t-elle sonné ?
Ce scandale remet en lumière les failles structurelles du secteur culturel en RDC. La gestion collective des droits d’auteur, censée garantir une rémunération équitable aux artistes, semble aujourd’hui dysfonctionnelle.
De plus en plus de voix s’élèvent pour exiger une réforme complète de la SOCODA : transparence des comptes, audits réguliers, et remplacement immédiat des dirigeants mis en cause. Certains demandent également des poursuites judiciaires contre les responsables présumés du détournement.
Dans un pays où la création musicale est un pilier de l’identité nationale, cette affaire symbolise une crise plus large : celle du respect du travail artistique, de la gouvernance culturelle et de la responsabilité publique.
Ce que réclament les artistes
– Une gestion transparente et contrôlée des fonds
– Une redistribution juste des droits d’auteur
– Un changement profond dans la gouvernance culturelle
La balle est désormais dans le camp des autorités, des sociétaires et de la société civile culturelle.
Un système qui ne paie pas ses artistes tue sa propre culture.
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