Dans l’histoire vibrante de la musique congolaise, certains cris d’animation transcendent leur époque pour devenir des symboles culturels intemporels. Parmi eux, le légendaire « Ndombolo ! » de l’animateur Tutu Caludji, surnommé « Mon Premier », occupe une place sacrée.
Ce cri, né au sein du mythique groupe Wenge Musica BCBG 4×4 Tout Terrain, n’est pas qu’un simple appel rythmique, c’est une signature sonore, un héritage qui a traversé les décennies et les frontières, au point que certains peuples étrangers désignent désormais toute l’animation congolaise par le mot « Ndombolo »
La genèse d’un cri révolutionnaire
L’origine du mot « Ndombolo » est souvent méconnue. Contrairement à une idée répandue, il désignait soit le surnom du mot « chanvre ». Et il ne vient pas initialement de Wenge Musica, mais de l’orchestre Station Japan de Radja Kula, un groupe rival qui évoluait dans le quartier de Bandalungwa à Kinshasa. Cependant, la composition du cri dans sa structure mélodique et son exécution distinctive est entièrement l’œuvre de Tutu Caludji.Avant lui, aucun animateur n’avait conceptualisé un cri aussi percutant, aussi reconnaissable. « Ndombolo ! » n’est pas une simple interjection : c’est une marque sonore, une identité musicale qui a fini par définir un genre tout entier. Ce cri, lancé avec une énergie contagieuse, est devenu le symbole d’une époque, celui de l’âge d’or de la musique congolaise des années 1990 .La danse Ndombolo : Une création collective, mais une paternité indiscutableSi le cri est l’exclusivité de Tutu Caludji, la danse Ndombolo, elle, s’est construite progressivement, à travers les contributions de plusieurs artistes :
Les danseurs de Dimba-Boma : deux jeunes talents, visibles dans les clips de l’album Pentagone, ont posé les premières bases des mouvements.
Werrason et JB Mpiana : Ils ont introduit des tournoiements et des gestes des mains, enrichissant la chorégraphie. Aussi, Souzi Versace (ami d’enfance de Caludji, aujourd’hui disparu) et Gecko Mpela, qui ont finalisé la danse lors d’une répétition mémorable à la Samba Playa en mai 1995, sous le soleil de Kinshasa.
Cette évolution collective est typique de la musique congolaise, où les innovations artistiques se façonnent souvent en groupe. Cependant, la paternité intellectuelle du cri et de l’esprit Ndombolo revient sans conteste à Tutu Caludji, car personne avant lui n’avait imaginé un tel concept.
Un cri qui a dépassé les frontières
Aujourd’hui, le terme « Ndombolo » dépasse largement son origine. Dans certains pays, il est même utilisé pour désigner l’animation typique de la musique congolaise, preuve de son influence massive . Des artistes comme Koffi Olomide, JB Mpiana, Werrason et Awilo Longomba ont popularisé le Ndombolo à travers l’Afrique et le monde, mais le cri originel reste celui de Tutu Caludji, ancien du wenge BCBG 4×4 puis il est resté chez JB Mpiana après la dislocation du clan wenge.
Tutu Caludji : L’animateur Intemporel
Caludji, surnommé « mon premier » a marqué l’histoire de la musique congolaise comme. Son cri « Ndombolo ! » est intemporel, toujours repris dans les concerts, les clips et même dans les rues. Il symbolise l’énergie, la joie et l’identité même de la rumba et du soukous congolais.
Par ailleurs , si la musique congolaise est un arbre aux multiples branches, le cri Ndombolo de Tutu Caludji en est une racine essentielle. Il rappelle que derrière chaque grand mouvement artistique, il y a des individus dont le génie dépasse leur époque. « Ndombolo ! » n’est pas qu’un mot, c’est un héritage, une légende vivante qui continue de vibrer dans le cœur des mélomanes .
✍ Pop KIDIMB
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