Bruxelles a vibré. Forest National, la grande salle, a pris feu. Sons, lumières, frissons… Werrason a mis le feu, comme toujours. Mais ce 4 juillet, il y avait un invité surprise qui a tout changé, Solina, la diva germano-congolaise, a débarqué sur scène pour un duo qui a fait trembler les murs. Ensemble, ils ont chanté « Croix-Rouge ». Pas pour danser, non. Pour crier au monde : ça suffit, l’Est saigne !
Le show était monumental, le public en transe. Mais quand Werrason a pris le micro, l’ambiance a changé. Plus de chaleur, plus de folie. Là, c’était du lourd, du sérieux. Il a regardé la foule, a pris une inspiration et a lâché :
« Je profite de l’occasion pour passer ce message à tout le monde, en particulier aux occidentaux, parce qu’on en a marre de ce qui se passe chez nous, dans l’Est. Mes frères et sœurs, ça fait très mal de voir tout le temps des tueries, des viols, toutes sortes de violences. C’est douloureux. »
Puis il a attaqué « Croix-Rouge », ce morceau de son album « Kibuisa Pimpa » sorti en 2001. La salle, envoûtée, a écouté. Et Solina, sur scène à ses côtés, a porté ce message à la perfection.
Pourquoi Solina ? Son arrivée a été une énorme surprise. Et pourtant, son choix était évident. Elle a expliqué :
« En découvrant la chanson, j’étais touchée par la profondeur du texte. Pour moi, c’est un véritable hymne à la paix pour la RDC. Elle appelle l’ONU, la Croix-Rouge, l’UNICEF à jouer leur rôle pour arrêter le cycle infernal des guerres au Congo. Je remercie Werrason de m’avoir invitée. » Et elle a été claire : chanter ça à Bruxelles, au cœur de l’Europe, ce n’est pas un hasard. C’est un cri de détresse, une dénonciation face au silence qui tue.
Et la salle n’a rien manqué. Des fans venus de France, d’Angleterre, de Suisse, des États-Unis, du Canada… ils ont tous été témoins de ce moment. Sur la scène, des images de femmes violées au Kivu diffusaient pendant la chanson. Le saxophone pleurait, la voix de Solina enveloppait le message, et Werra, le chef, portait ce combat. Jonathan Bilari, le maestro de cérémonie, n’a pas caché son émotion : « La belle Solina m’a beaucoup surpris par sa voix. Je ne savais pas qu’elle avait cette capacité. Sa prestance, sa robe blanche qui brillait, elle était top. »
Et l’honneur est encore plus grand : Solina est la première femme à chanter « Croix Rouge » sur scène, 25 ans après sa création. Une version initialement portée par Nathalie Makoma, une légende. Mais là, à Bruxelles, c’est Solina qui a repris le flambeau. Et elle l’a fait avec une grâce, une puissance, et un message qui a traversé les murs de Forest National.
Le duo Werra-Solina n’était pas juste un moment de concert. C’était un cri, un appel, un plaidoyer. Une pression mise sur l’Occident, sur les organisations internationales, sur le monde entier. Werrason, en ambassadeur de la paix, a montré qu’il ne fera jamais taire sa voix. Et Solina, en étoile montante, a montré qu’elle a du cœur, du talent, et une vision. La paix dans l’Est, ce n’est pas une utopie. C’est un combat. Et ce soir-là, à Bruxelles, deux artistes ont mis leur notoriété au service de cette cause. Et ça, ça mérite d’être applaudi.
✍Pop KIDIMBU





