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Aimé Nkanu : “Nous sommes en train de supprimer la ligne rouge entre gospel et musique profane”

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Dans un message à la fois paternel et ferme, le célèbre chantre Aimé Nkanu tire la sonnette d’alarme. Sa cible ? Certains artistes gospel, et tout particulièrement Michel Bakenda, dont les prestations scéniques emprunteraient, selon lui, des codes trop proches de l’univers de JB Mpiana et de Zaïko Langa Langa.

« Un jour, on m’a envoyé une vidéo… »

L’histoire commence par un simple partage sur un téléphone. Une vidéo, une danse, une familiarité troublante. Aimé Nkanu raconte :

« Un jour, on m’a envoyé une vidéo montrant une danse similaire à celle de JB Mpiana. J’ai directement pris mon téléphone pour l’appeler (Bakenda) et lui demander ce qui se passait. »

Pour cet homme qui a consacré sa vie à la danse et à l’expression corporelle, la ressemblance n’était pas anodine. Elle touchait à un principe fondamental : celui de l’identité artistique.

« Moi, lorsqu’on me reproche d’avoir réalisé une œuvre qui se rapproche de celle d’un autre artiste, automatiquement, je l’écarte. » Une position radicale, mais qui dit beaucoup de l’exigence qu’il s’impose à lui-même.

« Ce n’est plus une erreur, tu le fais sciemment »

Ce qui dérange Aimé Nkanu, au-delà du simple emprunt stylistique, c’est la répétition.

« Mais je ne peux pas comprendre que tu fasses quelque chose, qu’on te le reproche et que tu reviennes encore sur les mêmes erreurs. Là, ce n’est plus une erreur, tu le fais sciemment. »

Le message est clair, l’artiste chrétien ne peut pas, en conscience, ignorer les critiques constructives et persister dans une direction qui interroge. La liberté créative a des limites, surtout lorsqu’elle touche à un répertoire sacré.

« La ligne rouge » entre musique chrétienne et musique profane

Mais au-delà du cas particulier, c’est une mise en garde plus large qu’adresse le chorégraphe à ses collègues : « Nous sommes en train de supprimer peu à peu la frontière, la ligne rouge, entre la musique chrétienne et la musique profane. »

Une inquiétude légitime dans un paysage musical où les frontières s’estompent. Entre les rythmes entraînants et les chorégraphies spectaculaires, où se trouve désormais la spécificité de l’évangile chanté ?

« À mes collègues, je dis que nous devons faire attention, car nous avons une lourde responsabilité vis-à-vis des âmes de nombreuses personnes. »

Une responsabilité spirituelle avant tout

Pour Aimé Nkanu, l’enjeu n’est pas esthétique mais spirituel. Chaque mouvement, chaque note, chaque pas de danse porte un message. Lorsque l’assemblée regarde un artiste gospel, elle ne cherche pas seulement une performance, elle cherche une élévation, une connexion avec le divin.

Emprunter les codes de la rumba ou du ndombolo, ce n’est pas anodin. C’est risquer de brouiller le message, de faire passer l’émotion profane pour de l’onction, et le spectacle pour de l’adoration.

Un appel à l’authenticité

Plutôt qu’une condamnation, ce message est un appel. Un appel à l’exigence, à la sincérité, à la création d’un langage corporel et musical qui soit véritablement au service de l’Évangile.

Dans un monde où les influences se croisent et s’hybrident, Aimé Nkanu rappelle une évidence trop souvent oubliée, la musique gospel n’est pas un genre parmi d’autres. Elle est un ministère. Et comme tout ministère, elle mérite le discernement, la rigueur et la consécration.

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Écrit par pop Kidimbu

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