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Après la mort du cycliste Miguel Masaisai, Andy Bemba appelle l’État congolais à conserver ses effets personnels

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L’opinion congolaise est encore sous le choc. Le cycliste Miguel Masaisai, engagé dans un périple de plus de quatorze mille kilomètres à travers l’Afrique pour la paix, est décédé le 18 septembre 2026 dans un accident de la circulation survenu près de Ouesso, dans le nord de la République du Congo. Il avait quitté Goma le 1er mai 2026 et pédalait depuis plus de quatre mois.

Face à ce drame, une voix s’est élevée avec force, celle d’Andy Bemba. Selon lui, l’État congolais de Brazzaville doit conserver précieusement les effets personnels du disparu.

« Ces objets ne sont pas de simples souvenirs, ils font partie de son histoire et de notre mémoire collective, a-t-il déclaré. Ils devraient, à terme, être exposés au Mémorial du Genocost, afin que les générations futures puissent se souvenir de son parcours et de son engagement pour la paix. »

Un homme parti de Goma pour porter un message de paix

Miguel Masaisai n’était pas un sportif ordinaire. Originaire de Goma, il avait grandi dans une région ravagée par des décennies de conflits armés. En 2025, lorsque les combattants du M23 sont entrés dans sa ville, il a été témoin direct de la violence. Il en est sorti profondément marqué.

Plutôt que de céder à la haine ou de fuir, il a choisi une autre voie, celle du vélo. Il a entrepris un voyage intitulé « Pedals for Peace », autrement dit « Pédaler pour la paix ». Son objectif était de relier Goma à Rabat, au Maroc, en traversant le continent à la seule force de ses jambes.

Tout au long de sa route, il répétait un slogan en swahili : « Tunataka Amani », qui signifie « Nous voulons la paix ». Cette phrase était inscrite sur son maillot et reprise par les jeunes qu’il croisait sur son passage.

Des objets qui portent une histoire

De Goma à Kinshasa, puis de Kinshasa à Brazzaville, en passant par Gamboma et Ouesso, Miguel Masaisai pédalait entre cent et cent cinquante kilomètres par jour. Il n’avait ni voiture d’assistance, ni équipe, ni sponsor. Il dépendait de la générosité des habitants, qui lui offraient tour à tour un repas, un lit ou un simple verre d’eau.

Son vélo, usé par des milliers de kilomètres, son maillot frappé du slogan de paix, son passeport, son matériel de géolocalisation et les images qu’il accumulait chaque jour, tout cela constitue bien plus qu’un simple équipement de sport. C’est la trace matérielle d’un homme qui a voulu, avec presque rien, dire non à la guerre.

Pourquoi l’État devrait les conserver

Pour Andy Bemba, la conservation de ces objets relève d’une responsabilité morale. Il avance plusieurs raisons.

D’abord, ces effets appartiennent à l’histoire personnelle de Miguel Masaisai. Sa victoire au championnat régional de triathlon en 2022, son périple de Goma au Cap en 2025, puis son grand voyage de 2026 : tout cela est inscrit dans l’usure de son vélo et dans les images qu’il a laissées.

Ensuite, ces objets relèvent de la mémoire collective. La République démocratique du Congo sort de décennies de violences qui ont fait des millions de morts. Dans un tel contexte, le geste d’un jeune homme choisissant la paix plutôt que les armes mérite d’être préservé comme un patrimoine.

Enfin, leur place naturelle serait le Mémorial du Genocost. Ce lieu, consacré à la mémoire des souffrances du peuple congolais, permettrait de faire de Miguel Masaisai non pas un simple chiffre parmi les victimes, mais un visage, un nom et un exemple.

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Écrit par pop Kidimbu

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