Le journaliste Fiston Wilondja Mazambi, collaborateur de la Centrale de Monitoring des Médias de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), a été retrouvé mort dans des « conditions effroyables » à Bukavu, ville du Sud-Kivu sous occupation des rebelles du M23. Son corps, découvert ligoté et portant des traces de torture, gisait dans une mare de sang près du marché Nguba, selon des témoignages locaux .
Un enlèvement ciblé et un meurtre méthodique
Enlevé la veille aux alentours de 18 heures par un « commando armé non identifié » près de son domicile, Fiston Wilondja aurait été soumis à des sévices avant d’être abandonné sans vie. Les circonstances pointent vers une exécution orchestrée par les forces du M23, qui contrôlent Bukavu depuis février 2025 et imposent une « rééducation idéologique » aux journalistes locaux, exigeant leur allégeance sous peine de représailles .
Le gouvernement congolais dénonce une escalade répressive
Dans un communiqué officiel, Kinshasa a condamné avec « la plus grande fermeté » ce crime, soulignant un « contexte marqué par la violation continue des droits fondamentaux » dans l’Est. Les rebelles y « compromettent systématiquement la liberté de la presse » via des enlèvements, assassinats et menaces, visant à réduire au silence toute voix indépendante .
Le gouvernement a exprimé ses condoléances à la famille du défunt et à la profession journalistique, tout en réaffirmant sa « détermination à restaurer l’autorité de l’État » et à poursuivre les responsables devant la justice .
Un symbole de la crise médiatique sous occupation
L’assassinat de Fiston Wilondja s’inscrit dans une série d’attaques contre les médias : Marcel Lubala, journaliste à la RTNC, tué à Mbuji-Mayi en juillet 2025 par des assaillants ciblant explicitement son nom.
Ces cas révèlent une stratégie concertée de musellement, que ce soit par les rebelles du M23 ou par des acteurs étatiques, dans un pays classé parmi les plus dangereux pour les journalistes.
Appels internationaux et impunité persistante
L’organisation Journalistes en Danger (JED) et la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) exigent des enquêtes indépendantes, déplorant l’« impunité systémique » entourant ces crimes . Pourtant, malgré les promesses de documentation des exactions, peu de progrès sont visibles sur le terrain.
L’assassinat de Fiston Wilondja Mazambi cristallise l’effondrement des libertés dans l’Est congolais. Alors que le M23 étend son emprise – récemment renforcée par la prise de Goma et Bukavu , la communauté internationale reste silencieuse, laissant les journalistes congolais payer le prix ultime de leur engagement.
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