La grande famille de la musique congolaise est en deuil. Junior Kingombe, l’un des talents emblématiques du légendaire groupe Quartier Latin, est décédé ce week-end à Paris des suites d’un arrêt cardiaque foudroyant. Une triste nouvelle qui plonge les mélomanes et les proches de l’artiste dans une profonde consternation.
Si son nom ne résonne pas toujours avec la même puissance que celui de son ancien patron Koffi Olomidé, Junior Kingombe a pourtant marqué de son empreinte vocale quelques-uns des albums cultes du quartier latin. C’est dans les opus Monde Arabe et Danger de Mort que sa voix a laissé des solos mémorables, mêlant la douceur du tenoriste à une maîtrise technique irréprochable. Les connaisseurs se souviennent aussi de son interprétation poignante sur le titre Exploit, morceau moins connu du grand public mais véritable pépite pour les afficionados du style.
Arrivé dans l’orchestre à une époque où la concurrence était féroce entre Fally Ipupa, Bouro Mpela ou encore Soleil Wanga, Junior Kingombe a su tirer son épingle du jeu par sa constance et sa discrétion légendaire. Loin des polémiques et des luttes de leadership, il était de ceux qu’on qualifie volontiers de « soldats de la voix » : présents sur scène comme en studio, toujours fidèles à la ligne artistique imposée par le Grand Mopao.
Son décès brutal rappelle la fragilité de la vie, d’autant que l’artiste semblait encore actif sur la scène parisienne, où il résidait depuis plusieurs années. Les premiers hommages affluent déjà sur les réseaux sociaux, où fans et anciens collègues saluent sa « gouaille élégante » et son « professionnalisme sans faille ».
Plusieurs figures de la rumba moderne, ont adressé leurs condoléances à sa famille biologique, restée très proche de lui ainsi qu’à sa famille musicale.
À sa compagne, à ses enfants et à tous ceux qui ont vibré au son de sa voix, nous adressons nos pensées les plus attristées. Junior Kingombe n’est plus, mais ses solos, eux, continueront de faire danser les nuits de Kinshasa à Brazzaville, en passant par les salles parisiennes. Sa note est tombée, mais sa mélodie restera gravée dans l’histoire du Quartier Latin.
✍️ Pop KIDIMBU




