Moins de 48 heures après l’humiliation subie face à la Suède (5-1) pour l’entrée en lice de la Tunisie dans ce Mondial 2026, la Fédération tunisienne de football a acté le départ de Sabri Lamouchi. Son successeur n’est pas un inconnu : Hervé Renard, le technicien français aux multiples exploits africains, a été officialisé ce mardi et prendra place sur le banc dès le prochain match, face au Japon.
Un changement brutal, mais assumé. Dans son communiqué, la FTF précise que l’ancien sélectionneur de la Côte d’Ivoire, du Maroc ou encore de l’Arabie saoudite est lié aux Aigles de Carthage jusqu’à la fin de la compétition, avec des conditions financières identiques à celles de son prédécesseur. Et si la Coupe du monde s’achève prématurément, une discussion s’ouvrira pour envisager un projet à long terme, basé sur des objectifs sportifs précis.
Le message est clair : il ne s’agit pas d’un intérim, mais d’une prise de pouvoir immédiate pour tenter de redresser un navire qui a déjà pris l’eau. Car la déroute face aux Suédois n’a pas seulement été une défaite : elle a révélé des lacunes défensives inquiétantes, un milieu dépassé et une fébrilité mentale que le staff de Lamouchi n’a pas su endiguer. Le score fleuve (5-1) a été le déclic, mais aussi le symbole d’un malaise qui couvait depuis plusieurs matchs amicaux.
Hervé Renard, le pompier de luxe
À 57 ans, Hervé Renard a déjà prouvé qu’il savait éteindre les incendies. Vainqueur de la CAN avec la Zambie en 2012 et la Côte d’Ivoire en 2015, il possède une connaissance fine du football africain et une autorité naturelle qui pourrait faire taire les critiques. Son expérience récente avec l’Arabie saoudite au Mondial 2022, victoire historique contre l’Argentine – a rappelé sa capacité à transcender des groupes en difficulté.
Mais le défi tunisien est d’une autre dimension. Le groupe F est relevé : après la Suède, le Japon et le Mexique attendent les Tunisiens. Pour Renard, pas de temps à perdre. Il devra d’abord restaurer la confiance d’une défense qui a encaissé 5 buts en première période, trouver un système capable de museler le pressing nippon, et relancer un secteur offensif qui a semblé émoussé.
Le premier test aura lieu dimanche 21 juin à 4h GMT, au stade de Monterrey, face au Japon. Une rencontre quasi éliminatoire. Renard, lui, n’a jamais reculé devant les missions impossibles. Il sait que les Aigles de Carthage, finalistes de la dernière CAN et demi-finalistes du Mondial-2022, valent mieux que ce naufrage initial.
Les supporters, meurtris par la débâcle, attendent désormais un sursaut d’orgueil. Avec Renard, ils savent au moins une chose : le technicien français ne laissera rien passer, et il n’a pas peur des révolutions tactiques. Reste à savoir si trois jours de préparation suffiront pour métamorphoser une équipe qui, pour l’heure, ressemblait davantage à un oiseau blessé qu’à un aigle prêt à voler.
La réaction, face au Japon, sera le premier verdict. Mais dans les coulisses, un autre combat commence : celui de convaincre Hervé Renard de s’inscrire dans la durée, si l’aventure sud-américaine ne tourne pas au fiasco. La balle est dans le camp des joueurs, mais le nouveau patron a déjà pris les commandes.
✍️ Pop KIDIMBU




