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Coupe du monde : L’Égypte a-t-elle vraiment craqué ou l’Argentine était-elle trop forte ?

Coupe du monde : L’Égypte a-t-elle vraiment craqué ou l’Argentine était-elle trop forte ?

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Pendant 78 minutes, les Pharaons d’Égypte ont tenu la plus belle des vérités, celle qui donne deux buts d’avance aux champions du monde en titre, l’Argentine. Puis, en un quart d’heure, le conte s’est mué en cauchemar. 3-2 pour l’Albiceleste. Et ce sentiment acre, si familier aux observateurs du football africain, de voir un effort héroïque réduit en poussière par la gestion d’un temps qui s’allonge.

Mais faut-il pour autant réduire cette défaite à un énième cliché sur la « fragilité mentale » africaine ? Nuançons.

Un premier acte d’une maîtrise renversante

Il serait malhonnête de ne pas saluer ce que l’Égypte a produit durant plus d’une heure. Mohamed Salah, en chef d’orchestre, et Mostafa Ziko, en finisseur, ont martyrisé une défense argentine pourtant rompue aux joutes extrêmes. Le pressing haut, la circulation du ballon, la sérénité dans la relance, les coéquipiers de Hossam Hassan ont joué sur un pied d’égalité, voire supérieurement, avec une équipe moyenne de Messi. Ce 2-0 n’avait rien d’un hold-up ; il était la juste récompense d’un plan de jeu parfaitement exécuté.

Le tournant : quand le doute guette plutôt que la gestion

C’est là que le bât blesse, et c’est là que l’analyse doit se faire précise. À la 78e minute, Cristian Romero réduit l’écart sur une erreur de placement défensif. Jusque-là, rien de rédhibitoire. Le basculement s’opère dans les dix minutes qui suivent, l’Égypte ne se recroqueville pas, elle semble suspendue. Ni offensive, ni vraiment regroupée. Ce moment de flottement, cette hésitation entre tuer le match et le subir, est le véritable poison.

Et c’est ici que le discours « les Africains craquent » montre ses limites. Ce n’est pas une question de tempérament, mais d’expérience des scénarios extrêmes. L’Argentine a vécu des dizaines de ces finales inversées. Elle sait que l’émotion du public, le rythme des remplacements et un temps additionnel généreux deviennent des armes psychologiques. L’Égypte, elle, est entrée dans une zone de turbulences qu’elle maîtrise moins, non par faiblesse de caractère, mais par manque de vécu collectif à ce niveau de pression.

Le poids des têtes , pas seulement des jambes

Autre nuance cruciale, la gestion de la fin du match c’est aussi mentale pas uniquement physique. Les joueurs égyptiens, qui ont couru bien davantage que leurs adversaires en première mi-temps, ont littéralement payé leur pressing en fin de match. Les deux derniers buts argentins (84è et 90e+2) naissent d’une lenteur dans le replacement, de jambes lourdes. C’est vraiment un « lâcher-prise » mental, aussi une usure physiologique face à un banc argentin.

Cependant ce score (3-2) aussi douloureux soit-il, n’est pas la preuve d’une âme fragile. Il est la photographie d’une équipe qui a grandi trop vite, et que le temps, ce maître cruel, a rattrapée là où elle pensait avoir pris l’avance. En football, gérer son avance est un art qui s’apprend.

✍🏻 Pop KIDIMBU

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