La rencontre entre la ministre de la Culture, Arts et Patrimoines, Yolande Elebe Ma Ndembo, et une délégation de la DRC Fashion Week fait désormais débat. Présentée par le ministère comme une étape importante pour l’avenir de la mode congolaise, cette audience a provoqué une réaction ferme de Nathalie Eoma, fondatrice de l’événement.

La promotrice dénonce notamment l’absence de soutien concret des autorités dans l’organisation de la sixième édition de la DRC Fashion Week.
Une rencontre autour de l’avenir de la mode congolaise
Dans une communication publiée le 20 août, le ministère de la Culture a indiqué avoir reçu, la veille, une délégation de la DRC Fashion Week conduite par sa cofondatrice, Bénie Nyota.
Les échanges ont notamment porté sur le bilan de la sixième édition de l’événement, organisée autour du thème « La Sape : héritage, identité et renaissance », ainsi que sur la contribution de la mode au développement des industries culturelles et créatives en République démocratique du Congo.
Le ministère a également insisté sur la nécessité de mieux structurer le secteur, notamment pour favoriser la formalisation des activités des créateurs, leur accès aux financements et leur ouverture aux marchés régionaux et internationaux.
Cette sixième édition a réuni à Kinshasa créateurs, stylistes, mannequins et sapeurs de la RDC et de la République du Congo, mettant en avant un patrimoine culturel partagé.
Nathalie Eoma dénonce un manque de soutien
Si la rencontre a été présentée comme un signal positif pour le secteur, Nathalie Eoma n’a pas caché son indignation.
Dans une réaction publiée après la communication du ministère, la fondatrice de la DRC Fashion Week reproche aux autorités de vouloir aujourd’hui s’associer à la réussite de l’événement alors que, selon elle, l’organisation n’aurait bénéficié d’aucun accompagnement significatif.
« Les autorités de ce pays ne connaissent vraiment pas la honte. Hormis le ministère de la Communication et des Médias de M. Patrick Muyaya, aucun autre ministère ne nous a réellement soutenus. »
Elle affirme également que la DRC Fashion Week n’aurait reçu ni soutien financier ni accompagnement institutionnel avant et pendant cette sixième édition.
« Là, ils nous reçoivent seulement après le succès et le buzz de l’événement, pour prendre cette photo. Aucun soutien financier, aucun accompagnement. »
« Nous refusons de servir de communication »
La promotrice estime que la communication autour de cette audience pourrait donner l’impression que les pouvoirs publics ont accompagné la réalisation de la DRC Fashion Week.
Une perception qu’elle rejette catégoriquement.
« Nous refusons de servir de communication pour faire croire qu’un travail a été fait alors que nous n’avons reçu aucun soutien. »
Elle termine son message par l’expression « Ba zanga mawa », traduisant son profond mécontentement face à ce qu’elle considère comme un manque de reconnaissance envers le travail fourni par les organisateurs.
Un débat plus large sur l’accompagnement du secteur culturel
Au-delà de cette controverse, cette sortie remet sur la table la question de l’accompagnement des initiatives culturelles privées en RDC.
Pour de nombreux acteurs, le soutien institutionnel ne devrait pas se limiter aux visites officielles, aux rencontres ou à la communication autour d’événements déjà couronnés de succès. Ils attendent également des mécanismes concrets : financement transparent, accompagnement administratif, facilitation des partenariats et accès aux opportunités internationales.
Avec la DRC Fashion Week, la mode congolaise cherche justement à s’imposer comme un secteur capable de valoriser les talents, de créer des opportunités économiques et de promouvoir l’identité culturelle congolaise.
La polémique née de cette rencontre pose donc une question essentielle : comment passer de la reconnaissance institutionnelle à un véritable accompagnement des acteurs de la mode et des industries créatives ?
Pour l’heure, le ministère de la Culture n’a pas publiquement répondu aux accusations formulées par Nathalie Eoma.