Face à une pratique de plus en plus inquiétante dans les rues de Kinshasa, le ministre provincial de la Santé publique, Hygiène et Prévention, le Patricien Gongo Abakazi, a pris une décision ferme pour mettre fin à l’exposition des malades à des fins lucratives. Dans une circulaire rendue publique ce lundi, il a formellement interdit le « marchandage et la commercialisation des malades » dans les lieux publics de la capitale.
Une pratique déshumanisante dénoncée
La note ministérielle met en lumière une dérive alarmante observée dans plusieurs communes de Kinshasa. Des personnes souffrant de pathologies visibles sont exhibées aux ronds-points, arrêts et carrefours, dans le but de susciter la pitié et d’obtenir des dons. Une pratique que le ministre qualifie de « déshonorante », contraire à la dignité humaine et en violation de l’article 16 de la Constitution congolaise.
Le Dr. Gongo Abakazi rappelle avec insistance : « Les malades doivent être orientés vers leur zone de santé, laquelle les dirigera vers les camps de traitement déjà mis en place pour leur prise en charge. » Il précise que ces structures sont pleinement opérationnelles et que cinq patients y ont déjà bénéficié d’opérations gratuites.
Des sanctions sévères pour les contrevenants
Le non-respect de cette interdiction entraînera des poursuites judiciaires. Les textes en vigueur, notamment l’article 194 de la loi sur la protection de l’enfant et le décret royal du 23 mai 1896 relatif au vagabondage et à la mendicité, serviront de base légale pour sanctionner les auteurs de ces actes. Les forces de sécurité et les autorités locales ont été invitées à veiller à l’application stricte de cette mesure.
Vers une prise en charge plus humaine
Le ministère provincial de la Santé appelle à une gestion plus respectueuse et solidaire des personnes souffrantes, loin de toute exploitation de leur vulnérabilité. Cette initiative vise à protéger les droits des malades tout en leur offrant un accompagnement médical adapté au sein des structures sanitaires désignées.
Cette décision marque un pas important dans la lutte contre la marchandisation de la souffrance humaine et rappelle l’importance de préserver la dignité de chaque individu, quelle que soit sa condition.
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