C’est une scène inhabituelle que celle de la Banque Centrale du Congo (BCC) ce vendredi 13 février 2026. L’institution financière a troqué ses graphiques boursiers contre une cabine d’enregistrement virtuelle, lors d’une conférence de presse historique organisée pour dévoiler la chanson « Franc Congolais – Nkolo Mabele ».
Portée par un aréopage de stars de la rumba et du ndombolo, cette initiative vise à enrayer un mal profond : la préférence pour le dollar et les devises étrangères au détriment de la monnaie nationale.
Un casting 5 étoiles pour une cause nationale
Réunir Jossart N’yoka Longo, Koffi Olomide, JB Mpiana, Werrason, Ferre Gola, Fally Ipupa, Héritier Wata et la nouvelle génération incarnée par Gaz Mawete, Gally Garvey ou encore Innoss’b, tient du rêve pour tout producteur. Pourtant, c’est le Maestro Souzy Kaseya, compositeur de l’hymne, qui a relevé le défi.

« Ce morceau n’est pas une simple chanson. C’est un manifeste culturel pour rappeler à chaque Congolais que notre Franc est un symbole de souveraineté, au même titre que le drapeau ou l’hymne national, » a-t-il déclaré face à la presse.
Derrière l’événement festif se cache une urgence économique. Depuis des décennies, la dollarisation de l’économie congolaise érode la confiance dans le Franc. Face à l’inflation et aux fluctuations des changes, la population préfère thésauriser en dollars.
La BCC a justifié cette approche artistique comme une « dynamique de reconquête psychologique ». En associant la monnaie nationale à des mélodies fédératrices et des artistes adulés, la banque centrale espère amorcer un changement de comportement. « Le Franc congolais est le pilier de notre stabilité macroéconomique. Le réhabiliter dans l’esprit des gens, c’est consolider notre indépendance économique, » a martelé le Maestro

« Nkolo Mabele » : l’hymne de la résilience économique
Les premières notes, dévoilées en exclusivité, mêlent une orchestration symphonique aux rythmes typiques de Kinshasa. Le refrain « Franc ya biso, nkolo mabele » (Notre Franc, maître du sol) résonne comme un appel à la fierté nationale.
Au-delà du symbole, la chanson sera diffusée sur les radios nationales, dans les agences bancaires et lors des événements publics. Pour la BCC, il s’agit de faire du geste de payer en Francs un acte citoyen et une célébration de la résilience congolaise.
Un pari audacieux
Si certains analystes restent prudents sur l’impact réel d’un morceau de musique sur les lois de l’offre et de la demande, l’union sacrée des artistes est un événement rare. La BCC a changé de registre pour défendre sa monnaie.





