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JOUR 2 : GUERRE DE 6 JOURS A KISANGANI récit par Alesh (5-10 juin 2000)

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POUR LA MÉMOIRE COLLECTIVE (20 ans sans Justice).

Quand on a connu la laideur de la cruauté humaine, Entretenir la mémoire, combattre l’oubli afin que les mêmes erreurs ne se reproduisent est une obligation.

GUERRE DE 6 JOURS A KISANGANI récit par Alesh (5-10 juin 2000)

Afin que le monde n’oublie pas. Tant que Facebook existera, Du 5 au 10 Juin de chaque Année, je raconterai l’histoire de la guerre la plus meurtrière et impitoyable que j’ai vécue.
Vous l’aviez peut-être lue sur ce mur durant les années précédentes, mais il en sera ainsi chaque année! Lisez et partagez-la encore cette année.

JOUR 2: MARDI 06 Juin 2000.

En fin de journée #Jour2
Sans savoir pourquoi, Nous (population) avions développé une petite «sympathie» pour l’armée Ougandaise que pour l’armée Rwandaise (probablement puisque nous avions vraiment marre de l’asservissement Rwandais sous laquelle nous vivions depuis que la rébellion du RCD occupait notre ville: ils étaient les boss les plus intouchables de la ville depuis le 23 Août 1998).
Nous sommes au quartier Plateau Boyoma, l’une des lignes de fronts les plus infernales de la Ville. Cette fin de journée a un goût plutôt amer…
L’armée Ougandaise qui avait le contrôle de la plus grande partie de la ville depuis le lundi et le mardi jusqu’à environ 14 heures s’est butée à un challenge déterminant: Ses militaires avait des sérieuses lacunes de matrise de la géographie de la ville.
Les Rwandais, connaissant tous les recoins, raccourcis de la ville (mieux que plusieurs congolais) ont trouvé la formule magique… un vrai cheval de Troie… Distraire les Ougandais par des tirs de Kalachnikovs et des Machine-guns sur la grande route (où avait lieu le plus gros affrontements: route menant vers la maison Daniel Comboni), alors qu’ils trouaient, dans les avenues, les clôtures des résidences pour surprendre les Ougandais de l’arrière.

Vers 16:00, ils surprirent les ougandais qui avaient leur base devant notre maison, c’était une vraie boucherie! Ils les massacrèrent tous! Une pluie de balles comme jamais entendue… Pendant ce temps dans la maison, tous à plat-ventre avec une hypertension artérielle de malade! Personne ne parlait! Même pas le moindre mot! Après près d’une bonne heure d’affrontements nourris, c’était le silence de mort… c’était fini… non… pas la guerre… mais le règne ougandais sur cet emplacement stratégique de la ligne de front. Les Rwandais avaient pris possession du terrain (devant notre maison). La vraie guerre pouvait commencer… et nous étions vraiment mal barrés… au cœur de la ligne de front. Devant la maison, la limite Rwandaise (ils avaient placé 14 mortiers dans notre parcelle) et derrière notre maison, dans la parcelle de la Famille Likunde, la limite de l’armée Ougandaise…

Les conditions étaient enfin réunies pour que nous assistions, pris entre deux feux, au plus grand carnage dont je me souvienne.
Pendant ce temps, nous étions parmi les rares familles de la ville dont tous les membres s’étaient retrouvés sous le toit familial. Au moins je n’étais pas seul dans cette traversée de l’enfer et parfois, quand j’avais la peur au ventre, je pouvais m’accrocher à l’un des membres de ma famille. Nous étions tous là : Mon père, ma mère, mes 3 frères, mes deux soeurs, et moi…

À demain pour le récit détaillé du Jour 3 de la fameuse guerre de 6 jours 🙏🏽.

J’invite tous les ressortissants de Kisangani ayant connu la guerre de 6 jours en 2000 entre les armées Rwandaise et ougandaise de partager pendant 6 jours, soit des photos, soit leurs histoires pour que le monde n’oublie pas le tort irréparé qui nous a été causé.
Utilisez 2 hashtags pour que l’on retrouve facilement nos histoires #Joubliepas et #Kisangani6Jours

J’écris cette histoire pour qu’un jour personne n’ose l’écrire à notre place. Un projet de livre, de spectacle musical et de bande dessinée est en cours (oui, il ne faut pas que nos enfants ignorent notre histoire).

Si un jour je ne vis plus, je confie la paternité de ces textes à mes frères Guy et Gloire, à ma fille Imara, et à ma Femme.

Si Vous aimez la RDC en tant que fils/fille, ou que vous en êtes ami, énorme Merci à Vous de partager ce post. Faisons-le tourner sur la toile afin qu’un jour personne ne tente d’effacer cette partie de NOTRE HISTOIRE.

#JoubliePas #Kisangani6Jours

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