La journaliste Béatrice Munguba, de la télévision Univers TV, a été incarcérée à la Prison centrale de Makala après des propos critiques visant le gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa.
Selon des éléments rapportés par ses proches, la professionnelle des médias avait d’abord été arrêtée une première fois avant d’être de nouveau interpellée le 13 février 2025. Les faits remontent à un micro-trottoir réalisé dans plusieurs rues de Kinshasa, au cours duquel des citoyens avaient exprimé diverses critiques à l’endroit de l’équipe gouvernementale.
Une diffusion jugée sensible
Les propos diffusés ont été interprétés par les autorités comme une provocation et un outrage envers la cheffe du gouvernement. La journaliste a alors été mise en cause pour son rôle dans la diffusion de ces interventions, mais aussi pour un supposé engagement politique, dans un contexte où l’exercice du journalisme reste particulièrement sensible.
Après sa seconde interpellation, Béatrice Munguba a été transférée à la Prison centrale de Makala. Présentée devant des juges lors d’audiences foraines, la justice a décidé de la placer en détention provisoire dans l’attente de son procès.
Un état de santé préoccupant
Le 7 juin 2025, des sources proches du dossier ont signalé une dégradation de son état de santé. La journaliste aurait alors fait un malaise avant d’être transférée à l’hôpital général de Makala, appelé aussi Sana, où elle a été placée sous surveillance médicale.
Huit jours plus tard, le 15 juin 2025, elle aurait quitté l’établissement hospitalier. Selon les mêmes sources, cette sortie aurait été facilitée par la complicité d’un membre du personnel hospitalier qui aurait été soudoyé par sa famille.
Après cette fuite, la journaliste se serait réfugiée chez une tante dans la commune de Lemba, tandis que sa localisation restait incertaine et que les autorités continuaient de la rechercher.

Un dossier déjà ancien
Cette affaire s’inscrit dans un contexte marqué par une première arrestation survenue le 13 septembre 2023. Au lendemain d’une émission télévisée en direct durant laquelle elle avait dénoncé certaines pratiques du pouvoir, des agents de l’Agence nationale de renseignements (ANR) avaient fait irruption à son domicile de Ndjili.
Selon son récit, l’interpellation avait été brutale : elle affirme avoir été plaquée au sol, battue, menottée derrière le dos puis embarquée de force, tandis que son domicile était fouillé et que plusieurs appareils et documents étaient saisis. Conduite au cachot de l’ANR à Gombe, elle dit avoir subi des coups, des tortures à l’aide de crosses de fusils, des privations de nourriture et de sommeil, ainsi que des humiliations répétées.
Les interrogatoires portaient notamment sur des accusations d’incitation à la haine contre les institutions et de propagation de fausses informations visant à discréditer le président Félix Tshisekedi. Elle avait ensuite été transférée à la Prison centrale de Makala, avant d’obtenir une libération conditionnelle.
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