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Les droits d’auteur dans les orchestres congolais : pasi ya ba musiciens, esengo ya ba leader

Droits d'auteur Droits d'auteur

Droit d’auteur : Quand le génie ne suffit pas pour être payé


Comprendre le droit d’auteur

Le droit d’auteur protège toute création artistique originale : chanson, texte, mélodie, clip, etc.

Il garantit au créateur deux choses essentielles :

  • Le droit moral : être reconnu comme l’auteur ou le compositeur de l’œuvre, sans qu’on puisse la dénaturer.
  • Le droit patrimonial : toucher de l’argent à chaque diffusion, reproduction ou utilisation.

Autrement dit, à chaque fois qu’une chanson passe à la radio, sur YouTube, dans un bar ou lors d’un concert, son auteur devrait percevoir une redevance.

Mais en RDC, cette loi reste trop souvent une théorie.

La réalité congolaise : un système à bout de souffle

La SOCODA, censée collecter et redistribuer les droits d’auteur, est critiquée depuis des années pour sa gestion opaque et inefficace.

Faute de confiance, certains artistes se tournent vers la SACEM (France), laissant derrière eux un vide dans le système local.

En début d’année 2025, l’artiste Samarino révélait n’avoir perçu que 200 $ de droits d’auteur, alors que ses chansons étaient diffusées partout à Kinshasa et Lubumbashi.

Un cri d’alarme qui illustre un problème plus profond : le manque de transparence et de culture juridique dans l’industrie musicale congolaise.

Dans les orchestres : le collectif au service d’un seul

La plupart des groupes congolais fonctionnent comme de petites entreprises :

  • Un leader ou président, souvent chanteur principal,
  • Et une équipe de musiciens-accompagnateurs, parfois payés au mois ou à la prestation.

Le leader finance les enregistrements, paie les studios, gère les contrats — mais surtout, il s’approprie tous les droits d’auteur.

Les albums sortent donc sous son seul nom, même si d’autres ont participé à la composition ou à l’écriture.

Résultat : les musiciens quittent le groupe sans catalogue, sans reconnaissance et sans héritage musical.

Une chaîne sans fin : quand un ancien musicien crée à son tour son orchestre, il reproduit exactement le même schéma.

Quand les cadeaux remplacent les droits

Pour apaiser les tensions, certains leaders offrent un téléphone, une voiture ou un billet pour l’Europe.

Mais ces gestes ne remplacent jamais un droit d’auteur bien déclaré.

Car une chanson peut rapporter pendant des décennies, même après la mort de son auteur — à condition qu’elle soit correctement enregistrée et créditée.

C’est là que commence le drame : beaucoup d’artistes congolais meurent dans la pauvreté, pendant que leurs œuvres continuent d’être consommées dans le monde entier.

Leçon d’ailleurs : le cas Manu Dibango et Michael Jackson

En 1972, le Camerounais Manu Dibango sort Soul Makossa, premier tube africain à cartonner sur les radios américaines.

Manu Dibango
Manu Dibango, pionnier de l’afro-funk (Photo : Wikimedia Commons)

Son refrain culte : “Mama-say mama-sa, ma-ma-ko-ssa”.

Dix ans plus tard, Michael Jackson la reprend mot pour mot dans Wanna Be Startin’ Somethin’ (album Thriller, 1982), sans créditer Dibango. Le saxophoniste attaque pour plagiat, mais finit par accepter un règlement à l’amiable de 150 000 $.

Problème : il signe un accord “avec préjudice”, c’est-à-dire qu’il renonce à toute réclamation future. Thriller générera ensuite plus de 2 milliards $. Rien que la chanson incriminée aurait pu lui rapporter entre 5 et 10 millions $.

Quand Rihanna réutilise le même sample en 2007 dans Don’t Stop the Music, elle demande… l’autorisation à Michael Jackson, pas à Dibango. Ce dernier porte plainte, mais perd : l’affaire est juridiquement close depuis 1982.

Morale de l’histoire : accepter un chèque unique, c’est parfois vendre une mine d’or pour le prix d’un échantillon.

Manu Dibango a ouvert les yeux de toute une génération d’artistes africains sur la nécessité de protéger leur création avant qu’il ne soit trop tard.

La grande leçon pour les artistes congolais

Cette affaire, comme celles de nombreux musiciens locaux, révèle un même besoin : apprendre à connaître et à défendre ses droits.

  • Réformer la SOCODA pour la rendre crédible et numérique ;
  • Former les artistes à la propriété intellectuelle ;
  • Créer un registre national des œuvres accessible en ligne ;
  • Encourager les co-auteurs à déclarer collectivement leurs chansons.

Car défendre ses droits, c’est protéger sa famille, son nom et sa postérité.


Et tant que rien ne change,
la musique congolaise restera prisonnière de cette réalité :

pasi ya ba musiciens, esengo ya ba leader.


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