Figure emblématique de la musique congolaise et africaine, Lokua Kanza a lancé un vibrant appel à la prise de conscience. L’interprète de « plus vivant » invite ses pairs à mettre fin aux querelles stériles qui fragilisent la musique de la République démocratique du Congo. Un plaidoyer pour l’unité, la créativité et l’héritage moral.
« Nous avons tout intérêt à nous unir »
Le constat est amer, mais le ton se veut rassembleur. Lokua Kanza ne mâche pas ses mots face aux divisions qui minent le milieu musical congolais.
« Je n’aime pas donner des leçons, mais je ne comprends pas pourquoi nous devons continuer à nous déchirer entre nous. Nous avons tout intérêt à nous unir. Unis, nous pouvons consolider notre musique et fidéliser nos publics. Car plus nous sommes nombreux et rassemblés, plus nous sommes gagnants », a-t-il déclaré.
Pour illustrer son propos, l’artiste convoque un exemple devenu mythique : celui des artistes américains réunis autour de la chanson caritative « We Are The World », réalisée pour une cause commune. Une référence qui dit tout de sa vision,celle d’une corporation capable de dépasser les ego pour servir un dessein plus grand.
Des querelles qui stérilisent la créativité
Selon Lokua Kanza, ces querelles intestines ne sont pas anodines. Elles stérilisent la créativité et ternissent l’image d’une musique qui, pourtant, a vocation à rassembler. Plutôt que de nourrir les divisions, l’artiste appelle à transcender les conflits au nom de l’héritage moral.
« Nous avons tous tiré profit de nos carrières et amassé des fortunes. À un moment donné, il faut se souvenir que nous allons mourir. Quel sens y a-t-il à entretenir ces guéguerres et quel exemple laisserons-nous derrière nous ? », s’est-il interrogé avec une profondeur qui invite chacun à la réflexion.
Le dialogue artistique plutôt que les querelles de personnes
Loin de se limiter aux discours, Lokua Kanza joint l’acte à la parole à travers ses récentes collaborations. Il évoque notamment « Fololo », figurant sur le nouvel album « ADN » de Gally Garvey. Il cite également le duo « Oh Congo », réalisé avec Siân Pottok, un titre dédié à la République démocratique du Congo.
Autant de projets qui traduisent, selon lui, la nécessité de privilégier le dialogue artistique au détriment des querelles de personnes. Une manière de montrer, par l’exemple, que la collaboration est la voie royale vers un avenir musical plus solide.
Un héritage à construire, ensemble
À travers cet appel, c’est toute une philosophie que Lokua Kanza partage, celle d’une musique congolaise unie, consciente de sa valeur et soucieuse de l’exemple qu’elle laissera aux générations futures. Un message d’une actualité brûlante, à l’heure où les tensions entre artistes continuent d’alimenter les débats.