On l’a vu venir, on l’a espéré, mais on n’osait pas vraiment y croire. Pourtant, c’est fait. Ce vendredi 26 juin restera gravé dans le marbre du football cap-verdien. Les Requins Bleus ne sont pas juste venus faire de la figuration au Mondial. Ils sont entrés dans la cour des grands, et ils comptent bien y rester.
Dans un NRG Stadium bouillant, la sélection archipelagique a réalisé un véritable exploit en allant chercher le match nul face à l’Arabie saoudite (0-0). Un résultat qui, sur le papier, peut sembler terne, mais qui, dans le contexte, a valeur de victoire. Face à des Faucons Verts ultra-accrocheurs, le Cap-Vert a montré un visage conquérant, solide défensivement et dangereux en contre. On a senti une équipe qui ne tremblait pas, qui gérait ses émotions, portée par un public acquis à sa cause.
Mais le vrai moment de bascule, le frisson ultime, est venu un peu plus tard dans la soirée. Dans l’autre rencontre du groupe H, l’Espagne, déjà qualifiée, a fait le job face à l’Uruguay (1-0). Un but, un seul, et c’en était fini des espoirs de la Celeste. À ce moment précis, la boucle était bouclée. Avec 3 points au compteur, le Cap-Vert terminait deuxième, devant la nation sud-américaine. La folie a alors éclaté dans les rues de Praia, de Mindelo et jusqu’aux communautés dispersées aux quatre coins du globe.
Ne nous y trompons pas : ce n’est pas un hasard. Cette génération dorée, menée par des joueurs qui ont suivi un chemin semé d’embûches, a transformé un petit archipel de l’Atlantique en terre de football. On parle souvent des trente ans de travail, des centres de formation, de l’émigration qui ramène du vécu et du talent. Ce soir, tout ce travail a payé. Le Cap-Vert n’est plus un petit poucet.
Et maintenant, la récompense a un nom : l’Argentine. En 16es de finale, les Requins Bleus croiseront le champion du monde en titre. Oui, la Pulga, l’Albiceleste, Messi et sa bande. Un rendez-vous avec l’histoire, une opposition de légende qui fera saliver les puristes. Mais attention : s’ils ont su accrocher l’Arabie Saoudite, s’ils ont fait douter l’Espagne, pourquoi ne pourraient-ils pas créer un nouvel exploit ?
Les Cap-Verdiens n’ont plus rien à perdre. Ils ont déjà gagné le respect du monde entier. Et c’est peut-être ça, leur plus grande force. Alors oui, l’Argentine est favorite, logique. Mais dans le foot, les légendes s’écrivent avec des exploits. Et depuis vendredi, le Cap-Vert est en train d’écrire la sienne, page après page, sans la moindre once de complexe.
✍🏻 Pop KIDIMBU




