Ce mercredi 17 juin restera à jamais gravé dans les annales du football congolais. Face au Portugal de Cristiano Ronaldo, dans le chaudron du NRG Stadium de Houston, Yoane Wissa a inscrit son nom au panthéon des Léopards. En reprenant victorieusement un corner joué en combinaison par Mukau et Masuaku dans le temps additionnel de la première période (45e+5), l’attaquant de Newcastle est devenu le tout premier joueur de l’histoire de la République démocratique du Congo à trouver le chemin des filets lors d’une phase finale de Coupe du monde. Un moment d’éternité pour celui qui était passé par Lorient, effaçant d’un seul geste la page blanche laissée par la génération de 1974.
Car la RDC dispute bien sa deuxième Mondial, mais la première sous ce nom. En 1974, sous l’ère du Zaïre, les Léopards avaient quitté la compétition sans avoir jamais fait trembler les filets adverses, encaissant notamment un sévère 9-0 face à la Yougoslavie. Ce soir-là, à Houston, Wissa a réparé 52 ans d’attente. Son but, d’une rare intelligence de placement, a non seulement ouvert le compteur historique de la sélection, mais il a surtout offert aux siens le premier point de leur histoire dans la compétition, arraché face à l’un des favoris du tournoi. Un exploit retentissant qui résonne bien au-delà du simple résultat.
Au-delà de la performance individuelle, ce but de Wissa incarne l’émergence d’une nation qui ne compte plus faire de la figuration sur la scène mondiale. Sous la houlette de Sébastien Desabre, les Léopards ont fait preuve d’une abnégation et d’une discipline tactique remarquables pour contenir les assauts portugais, et Wissa a été le symbole de ce réalisme implacable.
En devenant le héros inattendu de cette soirée texane, il a donné à tout un peuple une raison de croire en un parcours historique. Désormais, les Léopards savent qu’ils peuvent marquer, et ils savent surtout qu’ils peuvent rivaliser avec les plus grands.
✍Pop KIDIMBU




