

Quelques jours après la mort du boxeur congolais Roméo Katompa, surnommé « Bololo », les autorités sud-africaines ont apporté de nouveaux éléments qui remettent en question la version largement relayée sur les réseaux sociaux.
Contrairement aux premières informations faisant état d’un meurtre lié à des violences xénophobes, la police sud-africaine affirme qu’aucun élément officiel ne permet, à ce stade, de soutenir cette thèse.
Un incendie au cœur de l’enquête
Selon le South African Police Service (SAPS), Roméo Katompa est décédé dans la nuit du 16 au 17 juillet lors d’un incendie survenu dans une habitation située à Yeoville, un quartier de Johannesburg.
Les premiers témoignages recueillis indiquent que le boxeur se trouvait à l’intérieur de la maison lorsque le feu s’est déclaré et qu’il n’a pas réussi à s’échapper.
À ce stade, la cause de l’incendie demeure inconnue et fait toujours l’objet d’investigations.
La police dénonce la désinformation
Dans son communiqué, la police sud-africaine déplore la propagation de publications reliant automatiquement ce drame aux récentes manifestations contre l’immigration.
La porte-parole du SAPS, Brenda Muridili, appelle le public à ne pas diffuser d’informations non vérifiées, estimant que ces rumeurs compliquent le travail des enquêteurs.
Cette mise au point contredit les nombreuses publications qui affirmaient que Roméo Katompa avait été brûlé vif par une foule lors d’une attaque à caractère xénophobe.
L’ambassade de la RDC avait déjà appelé à la prudence
Avant même cette communication officielle, l’ambassade de la République démocratique du Congo en Afrique du Sud avait invité à attendre les résultats de l’enquête.
Dans un communiqué, elle précisait qu’aucun élément officiel ne permettait alors de conclure à un acte de xénophobie, tout en assurant suivre le dossier de près avec les autorités sud-africaines.
Un contexte qui entretient les inquiétudes
Si la piste xénophobe n’est pas retenue à ce stade dans cette affaire, elle s’inscrit néanmoins dans un contexte tendu en Afrique du Sud.
Ces derniers mois, plusieurs organisations internationales, dont Human Rights Watch, ont alerté sur une recrudescence des violences visant des ressortissants étrangers dans certaines régions du pays.
C’est dans ce climat que de nombreuses personnes ont rapidement associé la mort de Roméo Katompa à ces attaques.
L’enquête se poursuit
Originaire de Mbuji-Mayi et âgé de 35 ans, Roméo Katompa évoluait en Afrique du Sud où il poursuivait sa carrière de boxeur. Il était également présenté par plusieurs proches comme un ancien partenaire d’entraînement de Junior Makabu.
Pour l’heure, les autorités sud-africaines poursuivent leurs investigations afin de déterminer l’origine exacte de l’incendie.
En l’état actuel des informations officielles, aucune conclusion ne permet d’affirmer que la mort de Roméo Katompa est liée à une attaque xénophobe. Les circonstances exactes du drame restent à établir.