« 4 ans à l’ISTA sans qu’un assistant ne me touche les seins, ce n’est pas donné à tout le monde. » Derrière ce post teinté d’ironie, une étudiante congolaise vient de mettre le doigt là où ça fait mal. Très mal.
Car ce n’est pas une blague. C’est un aveu collectif.
Ce qu’elle dénonce, en quelques mots, c’est une banalisation insoutenable du harcèlement sexuel dans certaines facultés. Des assistants qui font miroiter des points contre des faveurs. Des professeurs qui transforment leur bureau en tribunal de la vertu. Des étudiantes contraintes de négocier leur corps pour sauver leur année.
Et le pire dans tout ça ? La normalisation
Cette étudiante ne crie pas sa colère. Elle en rit. Elle en plaisante. Parce que pleurer serait trop lourd. Parce que dénoncer, dans ce système, c’est prendre le risque d’être montrée du doigt, de passer pour une « allumeuse » ou une « ingrate ». Alors elle préfère en rire. Et ce rire, vous devriez en avoir froid dans le dos.
Mais posons la question qui fâche : où sont les mécanismes de protection ?
Dans quelle université peut-on porter plainte sans craindre des représailles ? Qui sanctionne véritablement ces prédateurs en blouse ? Et surtout, pourquoi les victimes restent-elles si souvent seules face à l’institution ?
Le silence des autorités académiques est assourdissant. Pas de cellules d’écoute fonctionnelles, pas d’enquêtes internes, pas de sanctions exemplaires. Rien. Ou presque. Juste des commissions qui siègent et des rapports qui dorment dans des tiroirs.
Alors oui, ce message est une bombe
Parce qu’il dit tout haut ce que des centaines d’étudiantes vivent tout bas. Parce qu’il rappelle que l’université, censée être un sanctuaire du savoir, est parfois devenue un marché de dupes où le diplôme se paie en silence, en larmes, en humiliations.
À toutes celles qui subissent : vous n’êtes pas seules. Et surtout, vous n’êtes pas coupables.
Aux établissements : vous avez une dette morale. Protégez, écoutez, sanctionnez. Les points se gagnent au mérite, jamais au corps.
Et à nous tous, arrêtons de rire jaune. Commençons à hurler.