À peine assis sur le banc des Bright Stars que Christian Nsengi-Biembe affiche déjà une ambition qui frôle l’utopie. Nommé sélectionneur du Soudan du Sud, l’ancien tacticien des Léopards de la RDC ne vient pas en touriste. Son objectif est clair, presque défi à la logique, qualifier la jeune nation sud-soudanaise pour la Coupe d’Afrique des Nations 2027, co-organisée par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie.
Mais pour comprendre l’ampleur de la tâche, il faut regarder le tirage au sort. Le Soudan du Sud a hérité du Groupe B, surnommé dès maintenant le « groupe des ambitions » pour les outsiders. Face à eux : l’Égypte, septuple championne d’Afrique, l’Angola, en plein renouveau, et le Malawi, toujours coriace.
Un chantier colossal
Christian Nsengi hérite d’une équipe en reconstruction. Classée parmi les nations les plus faibles du continent, le Soudan du Sud n’a jamais franchi les phases de groupes des éliminatoires. Pourtant, l’entraîneur congolais voit plus loin :
« Le football ne se joue pas sur le papier. Mes joueurs ont faim, ils courent pour leur pays. Avec de la discipline et un projet de jeu, on peut déstabiliser n’importe quelle grande équipe. »
Son plan ? S’appuyer sur la diaspora sud-soudanaise (joueurs évoluant en Australie, aux États-Unis et en Europe) tout en durcissant le secteur défensif, le point faible récurrent de l’équipe.
Le calendrier infernal
Les Bright Stars débuteront leur campagne face à l’Angola, avant un déplacement périlleux au Caire face aux Pharaons de Salah. Les matchs contre le Malawi seront déjà vus comme des « finales » pour espérer décrocher la 2ème place, synonyme de barrages.
Si la qualification semble hypothétique au vu du contexte, l’arrivée de Nsengi redonne un espoir tangible aux supporters de Juba. L’ancien coach des Léopards a prouvé par le passé qu’il savait bâtir des collectifs solides.
Verra-t-on le Soudan du Sud au Kenya en 2027 ?
Les statistiques sont contre eux, mais le football est fait de rêves. En cas de miracle, Christian Nsengi entrera dans l’histoire comme l’homme qui a porté ce pays vers sa première phase finale de CAN. En cas d’échec, il aura posé les bases d’une équipe plus compétitive.