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« François Kabulo a tué le projet UJANA » : Alain Tsepuk brise le silence et accuse l’ancien ministre des Sports

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« François Kabulo a tué le projet UJANA » : Alain Tsepuk brise le silence et accuse l’ancien ministre des Sports

Invité sur le plateau d’Afriradio, Alain Tsepuk, président de l’Entente Provinciale de Football de Kinshasa (EPFKIN) et initiateur du projet UJANA, n’a pas mâché ses mots à l’encontre de François Kabulo Mwana Kabulo. Selon lui, l’ancien ministre des Sports porte la responsabilité directe de l’agonie du centre de formation basé au stade Tata Raphaël.

« C’est François Kabulo qui a tué le projet UJANA. Il aimait trop l’argent. À chaque fois qu’il venait là-bas, il ne repartait pas sans rien toucher », a déclaré Alain Tsepuk, visiblement amer, face aux caméras de la radio.

Le scénario d’une spoliation

Les faits, tels que relatés par le président de l’EPFKIN, ont de quoi interpeller. Installé sur le site du stade Tata Raphaël, UJANA s’était imposé comme un acteur clé de la formation des jeunes footballeurs à Kinshasa . Mais voilà : à l’approche des IXes Jeux de la Francophonie en 2023, l’État congolais, via le ministère des Sports, aurait sollicité la structure pour libérer temporairement l’espace afin d’accueillir les infrastructures de l’événement.

UJANA accepte. Les Jeux passent. Mais au lieu de récupérer ses installations comme convenu, le centre de formation apprend que son contrat est purement et simplement résilié. Pire : selon Tsepuk, François Kabulo aurait ensuite fait louer l’espace libéré aux Aigles du Congo, un club de Linafoot, privant ainsi des centaines de jeunes de leur terrain d’entraînement .

Une décision qui interroge

Ce qui rend l’affaire particulièrement troublante, c’est le timing. Le contrat liant UJANA à l’État courait, selon les déclarations de Tsepuk, jusqu’en 2029. Une résiliation unilatérale, sans préavis, six ans avant l’échéance. Pour quel motif ? Le président de l’EPFKIN sous-entend une motivation bassement pécuniaire : les redevances locatives que le club locataire aurait pu générer.

Contacté, l’entourage de François Kabulo n’a pas encore réagi à ces accusations. Mais dans les milieux sportifs kinois, la sortie de Tsepuk ne surprend guère. Elle cristallise des années de tensions entre l’ancien journaliste devenu ministre et les acteurs de terrain, qui lui reprochent une gestion jugée clanique et intéressée.

UJANA, victime collatérale des Jeux ?

Ironie de l’histoire ; lors des Jeux de la Francophonie, le site UJANA avait été mis en avant. Lilian Thuram lui-même s’y était rendu pour rencontrer les jeunes footballeurs du centre . Les caméras du monde entier avaient filmé ces terrains, symboles d’une jeunesse congolaise qui refuse la fatalité. Aujourd’hui, ces mêmes terrains appartiennent à un club professionnel, et les jeunes de UJANA s’entraînent, selon Tsepuk, sur un terrain de sable à l’Institut national de pilotage.

La question qui fâche

Au-delà du règlement de comptes personnel, c’est une question de politique publique qui est posée. Comment un projet de formation salué par des partenaires internationaux comme l’Inter Campus a-t-il pu être sacrifié sur l’autel d’intérêts privés ?

Si les accusations d’Alain Tsepuk s’avèrent fondées, elles dessinent le portrait d’un ministre des sports qui aurait utilisé son pouvoir pour détourner une infrastructure publique au profit d’un club privé, au détriment de l’intérêt général et de la jeunesse.

François Kabulo, aujourd’hui ministre honoraire, continue de donner des leçons de morale sportive dans les médias kinois. Il ferait mieux, suggèrent ses détracteurs, de s’expliquer sur le sort qu’il a réservé à UJANA. Car dans cette affaire, ce ne sont pas seulement des murs qui ont été confisqués. C’est un avenir, celui de toute une génération de jeunes Kinois, qui a été bétonné.

Et pendant ce temps, les Aigles du Congo continuent de jouer sur un terrain qui ne leur a jamais appartenu.

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pop Kidimbu
Écrit par pop Kidimbu

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