Le phénomène alarmant du harcèlement dans les motos-taxis
Dans les rues de Kinshasa, un phénomène de harcèlement sexuel dans le cadre des trajets en moto-taxi, communément appelés motos, prend de plus en plus d’ampleur. Ce type de transport, prisé pour sa rapidité et son accessibilité, devient le théâtre d’incidents inacceptables. De nombreuses femmes se retrouvent victimes d’attouchements et de comportements inappropriés. Plusieurs femmes ont récemment commencé à partager leurs expériences sur des plateformes sociales comme TikTok et Twitter. Cela attire ainsi l’attention sur ce problème pressant.
Une position imposée, un malaise constant
À Kinshasa, pour des raisons dites de “sécurité”, les femmes sont souvent placées au milieu : entre le motard et l’autre passager. Officiellement, pour ne pas “tomber en route”. Mais en réalité, cette position ouvre la voie à des gestes déplacés, de plus en plus rapportés par les concernées.
Sur les réseaux, des vidéos TikTok et posts sur X (ex-Twitter) s’accumulent, où des jeunes femmes racontent leurs trajets cauchemars :
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attouchements aux seins et aux hanches,
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mouvements suspects pour frotter les parties intimes,
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et même… éjaculations sur leurs habits, en plein trajet.
La honte change de camp : la parole se libère
Longtemps gardées sous silence, ces situations sont aujourd’hui dénoncées publiquement. Pour beaucoup, parler est devenu une forme d’autodéfense.
Certaines jeunes femmes affirment désormais refuser catégoriquement de s’asseoir au milieu, et préfèrent se placer à l’arrière, quitte à être moins “protégées” physiquement, mais plus en sécurité sur le plan corporel.
Les hommes répliquent
Face à la vague d’accusations, certains hommes ont aussi pris la parole, affirmant que les attouchements ne viennent pas que d’un seul côté. Certains disent avoir eux aussi été “touchés” par des passagères ou avoir ressenti des contacts déplacés, parfois même volontaires.
Mais une chose est sûre : le malaise est généralisé, et cette zone de contact rapproché qu’est la moto-taxi expose tous les corps à des limites floues – dans une ville où l’espace intime est déjà fragile.
Quand les embouteillages imposent la moto… mais à quel prix ?
Avec les embouteillages chroniques de Kinshasa, la moto est devenue un moyen de transport incontournable.
Rapide, accessible, pratique… mais pas sans conséquences pour les femmes, souvent vulnérables dans cet espace confiné et mouvant.
Et maintenant, on fait quoi ?
Est-ce qu’on va continuer à normaliser ces comportements sous prétexte que “c’est la ville” ?
Faut-il instaurer des règles de placement claires sur les motos ?
Où sont les responsabilités des conducteurs dans cette histoire ?
Ce débat dépasse la moto : il interroge le respect des corps dans l’espace public et l’urgence de faire évoluer les mentalités.
Et vous, avez-vous déjà vécu ou assisté à ce genre de situation sur une moto ?
Que faudrait-il changer pour que tout le monde puisse se déplacer sans peur ni gêne ?
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