Le 14 novembre prochain, JB Mpiana retrouvera la scène mythique de l’Accor Arena, un événement que « Papa Chéri » veut grandiose, chargé d’émotion et de mémoire. Parmi les séquences les plus attendues figure l’hommage à celui qui fut son compagnon de route pendant près de trois décennies : Séguin Mignon Maniata, le célèbre batteur de Wenge BCBG, disparu en décembre 2024.
Trois batteries pour un hommage symbolique
« L’occasion sera de se souvenir de Mignon Séguin, mais aussi et surtout de lui rendre hommage pour ses prouesses réalisées tout au long de sa carrière aux côtés de JB Mpiana », a confié Titina Al Capone, ancien batteur de Wenge BCBG.
Pour ce rendez-vous parisien, un dispositif scénique particulier a été imaginé : trois batteries seront installées sur le podium. Une configuration qui ne répond pas uniquement à une exigence artistique. Une paire de batteries sera placée au milieu de la scène, comme un rappel de la présence et de l’empreinte indélébile laissées par le musicien . Un geste fort qui transforme l’instrument en symbole, en relique vivante.
Séguin Mignon, plus qu’un batteur : un frère de scène
Pour comprendre l’ampleur de cet hommage, il faut mesurer le vide laissé par la disparition de Séguin Mignon Maniata. Victime d’un grave accident de circulation à Kinshasa, il avait été évacué d’urgence en Inde pour des soins, où il s’est éteint le 19 décembre 2024 .
Rejoignant Wenge BCBG en 1996, il avait choisi de suivre JB Mpiana lors de la dislocation de Wenge Musica 4×4 Tout Terrain en 1997, scellant une fidélité qui ne s’est jamais démentie . Chef d’orchestre, batteur titulaire, « homme de confiance qui murmurait dans l’oreille de Mpiana » , il était bien plus qu’un musicien : un pilier, un « soldat » dévoué à son art et à son mentor pendant plus de 27 ans .
Derrière ses baguettes, Séguin Mignon a façonné le son de toute une génération. Il a fait danser des millions de mélomanes sur des titres génériques inoubliables comme « Kipe ya yo » ou « Zebuka », et a posé son empreinte sur des rumbas intemporelles telles que « Jeannette », « Clin d’œil » ou « Libérer » . Auteur-compositeur, il a également signé des chansons comme « Sans permission » .
Sa disparition avait provoqué une onde de choc dans le monde musical congolais, suscitant des hommages unanimes de la part de Werrason, Fally Ipupa, Ferré Gola ou encore Fabregas .
En installant ces batteries en hommage à Séguin, JB Mpiana ne se contente pas de saluer la mémoire d’un grand musicien. Il célèbre une fraternité artistique forgée sur les routes, dans les studios et sur les scènes du monde entier. Il rappelle que la rumba congolaise ne se réduit pas à une voix, mais à une alchimie collective, où chaque instrument raconte une histoire.