La musique chrétienne congolaise est en deuil après le décès du chantre Kabatshi Kanku, affectueusement appelé « Papa Kabatshi », survenu après une longue maladie. Figure majeure des premières générations du gospel en République démocratique du Congo, il laisse une œuvre qui a accompagné plusieurs générations de fidèles et d’artistes.
Une voix pionnière du gospel
Kabatshi Kanku s’est imposé comme l’un des bâtisseurs du gospel congolais, notamment durant son âge d’or dans les années 1980 et 1990. Il a évolué aux côtés de grandes figures telles que Charles Mombaya, Paul Balenza, Alain Moloto et Patrice Ngoy Musoko, contribuant à installer durablement la musique chrétienne dans le paysage culturel de Kinshasa et de la RDC.
Son apport ne se limitait pas au chant, il était également auteur-compositeur, animateur et conducteur de louange. Son énergie scénique et son charisme ont marqué de grands rendez-vous de la musique chrétienne, dont le concert de la Fenamusic au Stade des Martyrs en 1996.
Une œuvre qui a traversé les générations
Parmi les titres associés à son parcours figurent notamment « Nzoto Na Ngai » et « Yahwe na bikamwa ». Il a aussi collaboré avec Charles Mombaya sur « Ngonga Ebeti », tandis que « Nzoto Na Ngai » apparaît sur l’album Asifiwe du maestro, sorti en 2023.
Cette collaboration illustre sa place dans la continuité du gospel congolais, un artiste capable de transmettre une spiritualité populaire, des harmonies fortes et une ferveur collective à travers des chansons restées dans les mémoires.
Un héritage discret mais durable
Malgré son influence, Kabatshi Kanku est resté relativement peu médiatisé face à certaines figures plus exposées du gospel congolais. Des hommages récents le décrivent comme un « pionnier de l’ombre », dont le travail a préparé le terrain pour la génération actuelle des chanteurs et groupes de louange.
En 2022, Mike Kalambay l’avait déjà présenté comme l’un des pionniers du gospel en RDC, soulignant l’empreinte de son talent sur plusieurs générations. Sa disparition s’ajoute à celle d’autres grandes voix de la musique chrétienne congolaise, dont Willy Ngonda, Charles Mombaya, Blaise Sakila, et Alain Moloto.
Hommage et postérité
Au-delà de la tristesse de son départ, l’hommage rendu à Kabatshi Kanku invite à réhabiliter la mémoire des artistes qui ont fondé le gospel congolais moderne. Son héritage demeure dans les églises, les chorales, les arrangements vocaux et les chants de louange qui continuent d’être interprétés aujourd’hui.