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Papa Wemba, patrimoine ou propriété ? L’avertissement sans fard de Reddy Amisi à la veille d’une commémoration

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À quelques jours de la commémoration de la disparition de Papa Wemba, survenue le 24 avril 2016 sur une scène d’Abidjan, le souvenir du « Vieux Bokul » se heurte à une question aussi vive que douloureuse : à qui appartient désormais la légende ? Alors que les hommages s’organisent, une polémique ancienne refait surface, plus acérée que jamais, autour de la gestion de l’héritage artistique du maître de la rumba congolaise. Et c’est l’un de ses fils spirituels les plus légitimes, Reddy Amisi, qui a choisi de rompre le silence, avec une élégance rare… et une franchise désarmante.

Invité sur le plateau de l’émission B-One Musique, l’ancien sociétaire de Viva La Musica, n’a pas usé de circonlocutions. Devant les caméras, la voix posée mais l’œil brûlant de celui qui a partagé la scène et la sueur avec le disparu, Reddy Amisi a dénoncé ce qu’il perçoit comme une entreprise de « monétisation » systématique du nom et de l’image de Papa Wemba. Et il n’a épargné personne : ni certains membres de la famille, ni même la veuve de l’artiste.

« On veut faire payer le nom de Papa Wemba. Mais Papa Wemba n’est pas une marchandise. »

Ces mots, lâchés comme une évidence, résonnent aujourd’hui comme un avertissement solennel. Pour Reddy Amisi, la tentation de transformer l’héritage du chanteur en une entreprise privée, sous contrôle familial, est non seulement une faute morale, mais aussi un contresens historique. Car, martèle-t-il, « Papa Wemba est un patrimoine. Son nom appartient à tous ».

Une déclaration qui ne manquera pas de faire grincer des dents dans l’entourage du défunt, où l’on assure vouloir simplement protéger l’œuvre contre les usages abusifs. Mais Reddy Amisi retourne l’argument : exiger une autorisation pour chaque reprise, chaque hommage, chaque utilisation de l’image du « Vieux », c’est, selon lui, entraver la transmission naturelle d’un legs qui dépasse de très loin le cercle familial.

L’artiste va plus loin, avec une hauteur de vue rare dans ce type de polémique : « Wemba a chanté pour le monde. Le monde pleure encore Wemba. Alors, au nom de quoi interdirait-on à un jeune chanteur de Brazzaville ou de Paris de reprendre Maria Valencia sans payer un droit à qui que ce soit ? » Pour lui, l’œuvre de Papa Wemba n’est pas un catalogue commercial, mais une langue vivante, un souffle qui continue d’inspirer la rumba, la sapologie, la fierté congolaise. La verrouiller, c’est l’étouffer.

Cette prise de position, aussi isolée soit-elle dans le microcosme musical congolais, touche à une question universelle : que reste-t-il d’un artiste quand sa famille et ses héritiers se déchirent pour l’argent ? L’Afrique a connu d’autres batailles posthumes célèbres Franco, Fela, Tabu Ley mais rarement avec une telle charge émotionnelle, car Papa Wemba n’était pas seulement un musicien. Il était une attitude, un verbe, un pont entre générations et continents.

Reddy Amisi, en prenant ainsi la parole, ne règle pas ses comptes. Il se fait le gardien d’une idée : celle d’un héritage universel, inaliénable, qui ne saurait se négocier au coin d’une table. Et à l’approche de cette nouvelle commémoration, son cri d’alarme résonne comme un ultime conseil à ceux qui, de bonne foi ou non, voudraient clôturer ce qui doit rester ouvert.

Car Papa Wemba, disait-on de son vivant, était l’artiste de tous les Congolais. Reddy Amisi nous rappelle, avec la force des vérités simples, qu’il doit le rester après sa mort. Et qu’aucun contrat, aucune facture, aucun droit d’auteur ne saurait enfermer un mythe. Le mythe, justement, n’appartient à personne. C’est pour cela qu’il est éternel.

En écho, La famille de Papa Wemba n’a pas encore réagi officiellement à ces déclarations. Mais la tension est palpable à Kinshasa, où plusieurs initiatives d’hommage public se heurtent depuis des mois à des blocages administratifs ou familiaux. L’affaire promet de rebondir dans les jours à venir, alors que les projecteurs se rallument sur Abidjan, ville où le roi de la rumba a rendu son dernier souffle, micro en main, devant un public sous le choc.

✍🏻 Pop KIDIMBU


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