Ils voulaient envoyer un message au monde. Ils n’ont finalement livré qu’une copie brouillonne, presque caricaturale de leurs travers. Pour l’entrée en matière de sa coupe du monde, le Portugal de Cristiano Ronaldo a été rejoint au score par la République démocratique du Congo (1-1), ce mercredi soir dans le chaudron texan. Une prestation qui soulève déjà des interrogations sur la capacité des « Seleção » à régner sur la planète football.
Un départ canon, une fin de premier acte cauchemardesque
Tout avait pourtant si bien commencé pour les hommes de Roberto Martinez. Dès la 6e minute, sur un service parfait de Pedro Neto, le Parisien João Neves, d’une tête ouvre le score et enflammait les tribunes majoritairement portugaises. Un rêve éveillé pour les coéquipiers de CR7, qui allaient alors asphyxier leur adversaire sous une vague de possession stérile.
Car c’est là que le bât blesse. Avec près de 80 % de possession de balle en première période, le Portugal a semblé se complaire dans une domination de façade, oubliant la verticalité et la percussion qui font sa force. À force de tours de passe-passe sans profondeur, la machine s’est enrayée, comme enivrée par son propre contrôle.
Et comme souvent dans ces cas-là, le football a rappelé à la raison les plus arrogants. À la 45e+5, sur le deuxième corner consécutif, la défense portugaise a livré une copie calamiteuse. Malgré la présence de Diogo Costa, resté scotché sur sa ligne, Yoane Wissa s’est élevé plus haut que tout le monde au second poteau pour crucifier la Seleçao. Un but vengeur qui a glacé les supporters et remis les deux équipes à égalité au vestiaire.
Des changements qui n’ont pas suffi, Bakambu tout proche
Au retour des vestiaires, Roberto Martinez a tenté de secouer son équipe en remplaçant Bernardo Silva par Francisco Conceiçao. Le dynamisme de l’ailier a redonné du peps au front de l’attaque, offrant à Cristiano Ronaldo ses deux premières véritables occasions de la soirée (68e, 74e). Mais le quintuple Ballon d’Or, trop court sur la première et manquant de réussite sur la seconde, n’a jamais réussi à trouver le cadre.
Le Portugal a cru reprendre l’avantage sur une merveille de Joao Cancelo, mais le but a été logiquement refusé pour une position de hors-jeu (54e). Pire, les Léopards de Sébastien Desabre ont failli infliger une punition bien plus sévère aux Lusitaniens. Cédric Bakambu, a vu sa frappe repoussée par le poteau (57e), avant de manquer le cadre dans un contre en supériorité numérique qui aurait pu être fatal (77e).

Le paradoxe Martinez et Desabre : trop de milieux, pas assez de tueurs
Les choix de Roberto Martinez et Desabre ont fini par semer la confusion. En faisant entrer Gonçalo Ramos à la place de Vitinha, aussi Sadiki à la place de mukau , le technicien espagnol et français ont dépeuplé leur milieu de terrain sans pour autant apporter plus de poids dans des surfaces adverses. L’entrée de Rafael Leao, catastrophique, a achevé de brouiller les pistes.
Privé de principes de jeu clairs, le Portugal a offert sur un plateau un résultat nul parfaitement mérité à une équipe congolaise qui, elle, savait parfaitement ce qu’elle avait à faire : défendre en bloc et frapper en contre.

La leçon de réalisme des Léopards
Face à la starisation portugaise, la RDC a fait preuve d’une maturité impressionnante. Bien en place, disciplinée, la bande à Yoane Wissa n’a jamais paniqué, même après l’ouverture du score. En exploitant les erreurs adverses et en faisant preuve d’une efficacité redoutable sur ses rares occasions, elle signe un coup d’éclat qui relance totalement les débats dans ce groupe.
Pour Cristiano Ronaldo et les siens, la désillusion est amère. Ce match nul, presque un échec au vu de la physionomie de la rencontre, sonne comme un avertissement. Si le Portugal veut espérer briller, il devra très vite retrouver une âme, une verticalité et, surtout, une efficacité qui ont cruellement manqué dans le NRG Stadium. Côté congolais, nous nous concentrons sur le terrain, pas le papier.
Bozo a esala ngando eza histoire ya Lelo te…
✍🏻 Pop KIDIMBU




