Le verdict est tombé. L’opposant congolais Parole Kamizelo Sukadi, connu du grand public sous le surnom de « Maîtrisable », a été condamné à deux ans de prison ferme pour outrage au chef de l’État. La décision a été rendue publique à l’issue de son procès qui s’est tenu à Kinshasa, marquant l’épilogue judiciaire d’une affaire aux fortes résonances politiques .
Des accusations de « trahison » et de « balkanisation »
Poursuivi pour « offense au chef de l’État » et « cybercriminalité », Parole Kamizelo était jugé pour des déclarations jugées subversives à l’encontre du président Félix Tshisekedi. Au cœur des débats, ses critiques virulentes sur les réseaux sociaux, où il accusait le chef de l’État d’avoir signé un « acte de balkanisation de la RDC » à Washington et le qualifiait de « traître national » .
L’opposant, membre du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), faisait également face à des accusations liées à des propos controversés sur le mariage du président. Il avait mis en doute la légalité de l’union de Félix Tshisekedi avec la Première dame Denise Nyakeru, affirmant n’avoir jamais vu de preuves officielles de ce mariage et appelant le président à les fournir, à l’image de l’ancien président américain Barack Obama .
Un procès sous le signe de la contestation
Tout au long de la procédure, Parole Kamizelo a farouchement contesté la régularité de son procès. Dès son arrestation en décembre dernier, il avait disparu des radars pendant près d’un mois avant de réapparaître dans une vidéo où il présentait des excuses au président. Devant le tribunal, il est revenu sur cette séquence, affirmant avoir été contraint de s’excuser, une « arme à la gorge » .
Il a également déposé une demande de déport de l’ensemble des juges, dénonçant la partialité du tribunal. Il invoquait notamment la présence de membres du Conseil national de cyberdéfense (CNC) dans la salle d’audience, qu’il accusait de l’avoir torturé, et le fait que le ministère public exploitait des procès-verbaux qu’il estime avoir été obtenus sous la contrainte .
« On m’a séquestré, on m’a traité de Rwandais, de traître. Je ne le suis pas. C’est moi la victime dans cette affaire », avait-il plaidé, estimant que ses propos avaient été sortis de leur contexte .
Il a également tenté de se désolidariser des publications litigieuses, affirmant que les comptes depuis lesquels elles avaient été diffusées ne lui appartenaient pas .
Réactions et implications
La condamnation de « Maîtrisable » a suscité de vives réactions, en particulier sur les réseaux sociaux, certains internautes dénonçant une « justice sans vergogne » et remettant en cause l’équité du procès .
Ce verdict intervient dans un contexte de durcissement de la lutte contre la désinformation et les atteintes aux institutions en République démocratique du Congo. L’affaire Kamizelo illustre les tensions persistantes entre la liberté d’expression et la protection des symboles de l’État, alors que l’opposant est désormais incarcéré à la prison centrale de Makala pour y purger sa peine .
Pop KIDIMBU
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